Un week end théatral

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Photo © Élisabeth Carecchio – photographie de répétitions

Vendredi soir, je suis allée m’ennuyer avec Y*** à La Colline. Si la saison de l’an passée s’est terminée en beauté avec la pièce Et après ? avec deux comédiens remarquables, on ne peut pas endire autant du début de saison.  L’homme inutile ou la conspiration des sentiments (déjà c’est bien trop long comme titre, dans une conversation c’est très pénible) m’a fait sombrer dans l’ennui et Sobel n’a pas su me montrer – pardonnez moi le vilain jeu de mots – l’utilité de la pièce. L’histoire se passe en URSS, deux frères s’affrontent à la manière d’Abel et Caïn. Les clichés vont bon train, la dichotomie raison/sentiments se file tout au long de la pièce, mais ne peut s’empêcher
d’enfoncer des portes ouvertes. La pièce semble alors bien vieillie et obsolète. Le décor m’a agacée tout du long car il me semblait qu’il était en forme de lettres, que des messages se formaient au gré des différences scènes. En réalité, je crois qu’il n’en était rien. Au bout d’une heure et demi de supplice, j’ai décidé de plonger dans le sommeil plutôt que dans l’ennui. Que c’est énervant de passer un mauvais moment au théâtre, j’en suis sortie très remontée.

 

de Iouri Olecha, mise en scène de Bernard Sobel
Avec Amine Adjina, John Arnold, Pascal Bongard, Éric Castex, Ludmilla Dabo, Magalie Dupuis, Claude Guyonnet, Sabrina Kouroughli, Vincent Minne, Romain Pellet
création à La Colline
Grand Théâtre
du 09 septembre 2011 au 08 octobre 2011

du mercredi au samedi à 20h30
le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h30

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Le samedi s’annonçait mieux. J’ai rejoint Palpatine et La souris à
Chaillot après une matinée mouvementée. En route pour voir Baryshnikov dans la pièce d’Ivan Bunin. L’étoile russe dans du théâtre, pari risqué. Les balletomanes se déplacent pour voir trois pas de danse endiablée sur un air de Carmen superbement chanté. Non ce n’était pas pour voir de la danse qu’il fallait venir voir Baryshnikov. J’ai beaucoup apprécié la pièce. Une petite bulle de fraicheur avec ses décors en carton pâte, ses voitures cartes postales, ses souris qui perturbent un déjeuner tranquille dans un bistrot (mais Mimy, on avait dit qu’on ne montait pas sur scène!!). Très peu de dialogues, juste ce qu’il faut, la musique de la langue russe m’a emmenée ailleurs. Moi qui rêve d’aller en Russie, ce petit avant goût a renforcé mes désirs de voyages. Il y a dans ce spectacles pleins d’effets visuels amusants, les bulles de BD, les monologues intérieurs qui défilent sur sol et plafond. Tout se met au service d’une histoire d’amour vivante et émouvante.
C’est dynamique, drôle et touchant. On ne voit pas le temps passer. Les musiciens et chanteurs qui comme un chœur grec, ponctuent le spectacle avec brio. Ce fut pour moi une après-midi réussie ! Seule la pluie est venue nous gâcher un peu le plaisir.

Adaptation d’une nouvelle d’Ivan Bunin
Mise en scène Dmitry Krymov
Scénographie Mari Tregubova
Musique Dmitry Volkov

Avec Mikhail Baryshnikov

Anna Sinyakina
et le Dmitry Krymov Laboratory

Une production du Baryshnikov Arts Center & du Dmitry Krymov Laboratory,
en association avec la Russian Century Foundation et le Théâtre Korjaamo à Helsinki.

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Jamais deux sans trois, le dimanche pluvieux est lui aussi l’occasion d’aller s’enfermer dans un théâtre. Direction le Théâtre des Variétés avec Y*** pour voir Collaboration avec Aumont et Sandre. Entre deux cartons (le petit rat est en pleine migration), j’apprécie ce genre de pause culturelle. La pièce traite de la collaboration entre Richard Strauss et Stefan Zweig. Strauss est en mal de création et rêve d’un livret écrit par l’auteur le plus en vue du moment, Zweig. Leur travail aboutira à la création de La Femme silencieuse, mais non sans embûches. L’avènement du régime nazi séparera les deux amis. La mise en scène n’a rien d’extraordinaire, elle est somme toute très classique. La force de la pièce réside dans la relation des deux hommes. L’un plongé dans une euphorie créatrice, assoiffé de nouvelles notes de musique, réclamant toujours plus à son librettiste, l’autre vivant avec son temps, ne pouvant dissocier l’écriture de l’histoire, s’impliquant dans une période qui va le pousser au suicide. La relation amicale se délite à mesure
de l’avancée nazie. Les deux comédiens sont géniaux, on est plongé au milieu de cet univers qui se resserre autour des deux amis. Chacun finit seul, Zweig se suicide, Strauss est désespéré. Un super moment de théâtre. Allez – y c’est génial.

Mise en scène de Georges Werler

Un spectacle de Ronald Harwood

Acteurs :
Michel AUMONT
Didier SANDRE
Christiane COHENDY
Stéphanie PASQUET
Patrick PAYET
Sébastien ROGNONI
Eric VERDIN

Décors Agostino Pace
Lumières Jacques Puisais
Costumes Pascale Bordet

Une réflexion au sujet de “Un week end théatral

  1. mimylasouris says:

    Oh, je n’ai fait que passer. Et puis, c’était excitant de sentir les petites lunettes de Micha braquées sur moi.

    Quant à Zweig j’adore, je serais curieuse de voir, pardon d’entendre, ce que Strauss a fait de son livret…

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