Trisha Brown

Soirée Forsythe Brown

Si il y a une chose que j’aime dans la danse de William Forsythe, c’est sa capacité à dessiner des formes dans l’espace, avec un questionnement toujours passionnant sur le corps du danseur.  Ainsi devant ses ballets, tout un tableau se remplit de cercles, lignes et polygones en tout genre. Les traits sont plus ou moins épais, ils se tirent, se dessinent avec les différents matériaux que le corps peut offrir. Elastiques, fusain, ou la plume d’un stylo, la palette graphique de Forsythe semble sans limite.

Vincent Chaillet In The Midlle Somewhat was elevated William Forstyhe photo de Julien Benhamou

La musique de Thom Willem a les mêmes couleurs que la danse. Crée pour les pièces la plupart du temps, mais sans lien comme chez Cunnigham, l’univers sonore du compositeur anglais donne à voir des formes musicales diverses et toujours nouvelles. Eclairs, grincements, suspension métallique, un monde se construit qui prend une forme physique lui aussi dans l’espace. La danse et la musique fusionnent sur le corps des danseurs.

J’ai vu deux fois la même distribution lors de la générale et de la première. Les deux fois j’ai vécu les mêmes émotions face à cette soirée qui m’a enchantée.

In the middle est le « diamant brut » de Forsythe. Chef d’oeuvre crée en 1987 avec Guillem/Hilaire/Legris, il fait aussi partie du ballet Impressing the Czar. Il faut absolument oublier cela pour rentrer dans la version de 2012. C’est ce que souhaite le maître américain, c’est ce qu’il a demandé à ses interprètes. On recommence et on se réapproprie l’oeuvre, l’imitation n’étant jamais bonne. Attention les yeux, Aurélia Bellet est sublime dans cette pièce et il ne faut pas la manquer. Son pas de deux avec Vincent Chaillet est envoutant, elle est fascinante. Chaillet montre tous ses talents. Cette danse terriblement sensuelle met en valeur les corps des hommes, avec ces lignes très précises dans les jambes tandis que les dos se courbent. Le passage où Chaillet est en 4ème position fondu sur la jambe de derrière, le dos dans l’alignement, puis qui d’un coup se courbe est très euphorisant. Cela vous prend au ventre comme la musique qui se gonfle d’un son qui semble venir de loin. Les danseurs marchent comme des automates, ils encadrent la scène avant d’entrer et de sortir. Ce pièce faite d’un thème, l’excellence technique qui joue avec la gravité, se décline en solo, duo, trio, que les danseurs de l’Opéra exécutent avec un investissement rare, si bien qu’on a eu l’imrpession de ne voir qu’un éclair parfaitement dessiné dans le ciel. Magique !

Soirée Forsythe Brown copyright photo Anne Deniau

Au milieu des pièces de Forsythe, on a eu la bonne idée de remettre ce petit bijou d’O Zlozony O composite de Trisha Brown. Contraste complet. Fond de scène étoilé, bienvenue dans le rêve de Trisha Brown. La danse est comme en apesanteur, faite de courbe qui s’enchaînent et s’entrelacent sans heurs. La pièce a encore gagné en épaisseur et je l’apprécie encore plus qu’il y a trois ans. Ce poème polonais offre à vos oreilles un voyage dans le surnaturel. Chaque séquence de la pièce donne à voir des qualités de mouvements différentes et pourtant il y a une continuité dans le langage proposé.  Le tout dansé magnifiquement par Le Riche Dupont et Bélingard… Cela ne vous suffit-il pas pour partir dans la troisième dimension ?

Jérémie Bélingard dans O Zlozony O Composite de Trisha Brown Merci Agathe Poupeny pour cette belle photo !

 

Univers beaucoup plus solaire avec Woundworks 1 qui ne m’a pas trop emballée. Il y a un aspect frustrant qui fait qu’un a du mal à voir en même temps les deux couples et on a la sensation de rater quelque chose.  Quand votre regard se pose sur l’un, difficile d’aller vers l’autre. Il y a très peu de pauses dans le mouvement et on reste bloqué. Les deux soirs, je n’ai pas décroché mon regard du couple Le Riche /Ciaravola. Le dos de Nicolas Le Riche, les jambes d’Isabelle Ciaravola, cela suffirait presque devant une pièce qui vous laisse quelque peu sur votre faim.

Pas. /Parts de William Forsythe copyright photo Agathe Poupeney

La soirée se termine en beauté avec Pas. / Parts. Comme dans Woundworks 1, le décor se compose simplement de rideaux de mousseline sur lesquels on peut changer les éclairages et créer des ambiances différentes. Alors là tout m’a plu ! Le solo de Sabrina Mallem, le duo Bélingard/Abbagnato, le duo court mais intense et viril de Bélingard / Bézard (si vous êtes cardiaque, évitez….), le solo d’Aurélien Houette, toujours aussi bon dans tout ce qu’il touche, la légèreté puissante de Bertaud, les jambes de Gillot qui défie sans cesse les lois de la gravité et ce chachacha qui vous donne envie de vous lever de votre siège et de de danser !

NB : même au 5ème rang de parterre, il vaut mieux être côté jardin.

Distribution des 30 novembre et 3 décembre 2012

IN THE MIDDLE SOMEWHAT ELEVATED

Aurélia BelletAlice RenavandValentine ColasanteLaurène LévyEléonore Guérineau,Charlotte Ranson
Vincent ChailletMarc MoreauDaniel Stokes
O ZLOZONY O COMPOSITE
Aurélie Dupont
Nicolas Le RicheJérémie Bélingard
WOUNDWORKS 1
Agnès LetestuIsabelle Ciaravola
Nicolas Le RicheHervé Moreau
PAS./ PARTS.
Marie-Agnès GillotNolwenn DanielEleonora AbbagnatoSabrina MallemValentine ColasanteJuliette HilaireCaroline RobertCaroline Bance
Jérémie BélingardAudric BezardAurélien HouetteChristophe DuquenneSébastien BertaudCyril Mitilian

Nouvelles du 03 décembre

Il serait bon que les journées durent plus longtemps, pour que j’ai le temps enfin de rédiger les chroniques en retard… Le mois de novembre était donc décidément bien chargé, mais que de belles choses découvertes.

La semaine dernière, j’ai vu la compagnie Circa à la Villette pour sa pièce Wunderkammer. Cette chambre des merveilles n’a pas tenu toutes ses promesses. On assiste à un spectacle avec de beaux interprètes, des acrobates assez géniaux, mais la mise en scène et la composition restent un peu pauvres et manquent cruellement de sens. Un peu décevant donc, même si très impressionnant.

La pièce de ma semaine fut sans aucun doute May B de Maguy Marin. Le souvenir de samedi est encore vibrant dans mon esprit, tant l’intelligence de cette oeuvre m’a parlé. Les personnages de Beckett incarné par ces danseurs complètement hallucinants, la construction de la pièce, tout m’a plu, tout m’a touché, c’était un moment très fort et on sentait le public entier vibrer au moindre mouvement de ces personnages de fin de monde.

La générale de la soirée Forsythe Brown vendredi remplit ses promesses. Une soirée pleine de peps, qui vous donne une énergie folle, avec sa touche de tendresse et de poésie avec O Zlozony/O Composite.  J’écoute Tom Willems en boucle depuis vendredi…

  • Les sorties de la semaine 
 La soirée magique à ne pas manquer c’est la soirée Forsythe/Brown à l’Opéra de Paris. Deux grands chorégraphes américains, quatre pièces dont trois de William Forsythe.
La soirée s’ouvre avec In The Middle, somewhat elevated, qui n’a pas pris une ride pour moi et qui au contraire a beaucoup changé. Forsythe n’a pas voulu refaire ce qu’il avait crée en 1987, mais bien retravailler l’oeuvre avec les danseurs actuels. vous y découvrirez (entre autres) Vincent Chaillet, dominant la scène, accompagné d’Aurélia Bellet, fascinante dans ce répertoire et Alice Renavand, toujours juste dans le sens de sa danse. Laurène Lévy y est elle aussi captivante. On entre ensuite dans un moment de poésies avec la pièce de Trisha Brown qui a beaucoup évolué aussi. O Zlozony/O Composite est une parenthèse onirique, dansée par deux hommes et une femme. Le Riche Bélingard Dupont, avouez que ça fait rêver.
Woundwork 1 est une pièce pour 4 danseurs qui dansent sans se voir deux pas de deux. Le regard du spectateur voyage de l’un à l’autre, comme dans un dialogue.
Pas./Parts clôture la soirée en beauté par une suite de solo, duo, trio, septuor, où on voit passer, Sébastien Bertaud, Jérémie Bélingard, Eleonora Abbagnato, Marie-Agnès Gillot, Yannick Bittencourt et d’autres qui vous saisissent du début à la fin. Le tout sur la musique de Tom Willems… J’adore !
A voir Ailleurs, toujours Cendrillon de Maguy Marin, mais cette fois ci il faut aller à la MAC de Créteil. Plus d’info et réservations, clic.
Pendant ce temps, au Théâtre de la ville ont lieu les dernières représentations de Ballet am Rhein. Je vais les voir mardi soir, malgré des critiques mitigées.
A Chaillot, Decouflé et Nosfell reviennent pour Octopus. Pour relire ma chronique c’est ici, clic.
Réservations, clic 
Au CND, le Ballet de Lyon se produit avec entre autres la pièce de Millepied, This part of Darkness. Plus d’infos et réservations, clic. Relire ma chronique sur ce pièce, clic.
Et toujours Don Quichotte à Bastille.
  • Le film de la semaine

Le grand saut réalisé par Virginie Kahn sera diffusé dimanche 9 décembre à 16h50 sur ARTE. Ce film raconte l’histoire de 12 enfants du CRR de Paris. J’ai déjà vu le film, c’est un très joli portrait de l’enfance et de la danse. J’ai aussi rencontré sa réalisatrice, passionnée et passionnante. Relire ma chronique, clic.

  • En vrac
Agathe Poupeney  exposera à Viry Chatillon du 19 janvier au 2 février.
A lire Don Quichotte et Carmen, deux grands d’Espagne, par Ariane Bavelier, clic.
 Danil Simkin a été nommé « principal » à l’ABT.
Charles Picq, fondateur de Numéridanse est décédé la semaine dernière.
La danse classique thérapie contre la morosité de l’adolescence? A lire ici, clic.
  • La vidéo de la semaine
In the Middle  by Sylvie… indémodable.

Nouvelles chaudes du 3 octobre

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Ah cette chaleur m’a fait tourner la tête. Eh oui le petit rat n’est pas un rat des villes pour rien, il n’a pas supporté cet été indien. Allez hop un petit malaise, un coup de chaud et voilà le petit rat par terre.

Heureusement vite remis sur pattes, direction le théâtre de l’Odéon pour voir  Roméo
et Juliette
, traduit et mis en scène par Olivier Py. Superbe pièce, super comédiens, vraiment courez y, vous aurez de belles émotions.

Pour moi cette semaine, ce sera Tannhäuser, à Bastille et Les vagues à La Colline. Et mercredi, un petit tour au Grand Palais, pour voir l’expo Manet, Cézanne.

  • La sortie ballet de la semaine : Trisha Brown à Chaillot

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© Van Meer

Une soirée, quatre ballets, que demander de mieux ? Il vous suffit d’aller au théâtre de Chaillot pour découvrir la danse de Trisha Brown, cette post modern dance, basée sur l’improvisation qui donne une chorégraphie toujours plus riche de mouvements. Une création, une première européenne et deux reprises, un joli medley pour découvrir la chorégraphe si vous ne la connaissez pas.

Les Yeux et l’âme (2011 – Première européenne)

Chorégraphie, scénographie Trisha Brown
Lumière Jennifer Tipton
Musique Extraits de Pygmalion de Jean-Philippe Rameau
Enregistrement William Christie et Les Arts Florissants pour Harmonia Mundi
Costumes Elizabeth Cannon
Avec Neal Beasley, Elena Demyanenko, Dai Jian, Tara Lorenzen, Diane Madden, Leah Morrison Tamara Riewe, Nicholas Strafaccia, Laurel Jenkins Tentindo, Katrina Thompson Warren, Samuel Wentz

 

Opal Loop/Cloud installation #72503 (1980)

Chorégraphie Trisha Brown
Scénographie Fujiko Nakaya
Costumes Judith Shea
Lumière Beverly Emmons
Environnement sculptural, réalisation Julie Martin
Avec (en alternance) : les 5, 6, 7 et 8 octobre : Elena Demyanenko, Tamara Riewe, Nicholas Strafaccia, Samuel Wentz
Les 11, 12, 13 et 14 octobre : Elena Demyanenko, Dai Jian, Leah Morrison, Nicholas Strafaccia

La reprise d’Opal Loop / Cloud Installation #72503 bénéficie du soutien de l’Université de Washington (UW World Series) et du National Endowment for the Arts (American Masterpieces :
Three Centuries of Artistic Genius)

Watermotor (1978)

Chorégraphie Trisha Brown
Costumes Deanna Berg MacLean
Lumière Jennifer Tipton
Avec Neal Beasley

Cette pièce a été réalisée par le National Endowment for the Arts

I’m going to toss my arms – if you catch them they’re yours (Création à Chaillot)

Chorégraphie Trisha Brown
Scénographie Burt Barr
Musique Alvin Curran
Costumes Kaye Voyce
Lumière John Torres
Assistante chorégraphique Carolyn Lucas
Arrangement sonore Luca Spagnoletti
Avec Neal Beasley, Elena Demyanenko, Dai Jian, Tara Lorenzen, Leah Morrison, Tamara Riewe, Nicholas Strafaccia, Laurel Jenkins Tentindo, Samuel Wentz

 

  • La sortie cinéma de la semaine : Crazy Horse de Frederick Wiseman

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Tout comme pour le film sur l’Opéra de Paris, La Danse, Wiseman s’est glissé dans les coulisses du Crazy Horse sur la saison de Découflé. Il a comme dans tous ses reportages essayer de comprendre la logique de cette maison, de cet art. A voir assurément…

  • L’avant goût de la semaine : répétition de La source aux convergences

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La jolie Laëtitia Pujol fait la couverture du ballet le plus attendu de la saison. Cette re-création montée par Jean-Guillaume Bart commencera à partir du 22 octobre. Pour ma part j’y vais le 10 novembre. En attendant, samedi aura lieu une rencontre répétition à l’amphithéâtre Bastille à 16h00. GRRRR contre l’Arop, je n’ai pas de places. Pas de panique, on peut toujours rentrer, donc venez nombreux !

  • La presse de la semaine : Zoom sur l’Opéra de Paris

 

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Comme vous pouvez le voir, Danse magazine fait sa couverture sur Psyché de Ratmansky avec le duo Aurélie Dupont et Stéphane Bullion. Au sommaire : 2 portraits, Miteki Kudo et Nolwenn Daniel, retour sur Psyché et Phèdre, plein de bons plans de stages en province,

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Danser anticipe la création de La Source avec un dossier sur le ballet et bien sûr comment la danse influence la mode et inversement. Christian Lacroix est l’occasion d’amener ce sujet. Bien sûr un peu de Trisha Brown, qui ouvre le festival d’automne en danse.

 

3B, 3 soirées, 3 Sacres

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Nicolas Le Riche, Marie-Agnès Gillot, Ludmila Pagliero et Aurélia Bellet.

 

Les trois B, troisième ! Bon alors pas vraiment 3ème vu que j’ai assisté à la couturière, puis à la générale et là enfin une représentation ! Qui dit représentation, dit place pourrie et j’étais au dernier rang de l’amphi (arrêter de prendre des places à la dernière minute, résolution 1), alors je scrute la salle et F*** me dit que la deuxième loge 11 est vide, il est 19h58 et je file. Ah on est mieux, j’aperçois même de ma place Palpatine et son chapeau, ainsi que plus au centre du balcon Claude Bessy et son éternel chignon.

Nicolas Le Riche m’a permis de ne pas m’ennuyer pendant Apollon et ce n’est pas rien. Le Riche c’est quand même une autre dimension. Pas un bruit à la réception des
sauts, de la légèreté, de l’amplitude, de la nuance, enfin de la danse en somme ! Marie-Agnès Gillot remplace Agnès Letestu qui est blessée et ça c’est pas mal non plus. Les jambes de Marie Agnès, longues à l’infini, transforment le rôle de cette muse et me rendent cette chorégraphie intéressante. Nicolas Le Riche donne à voir un Apollon très enfantin au début. Il a sur le visage ce sourire qu’il nous donne souvent aux saluts. Quant à MAG, elle s’éclate, elle joue avec la musique, s’impose facilement dans ce rôle de remplacement. Ludmila Pagliero est très bien aussi, je n’aime pas la variation qu’elle danse, mais elle donne quelque chose qui me touche beaucoup.

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Arrive ensuite le très poétique O Zlozony/O composite et là une fois encore le charme opère. Je revois le trio Zusperreguy/Carbone/Bélingard. Il y a beaucoup d’air dans ce ballet, c’est ce qui me marque le plus ce soir. Les danseurs flottent dans une matière, qui les fait danser en apesanteur. Jérémie Bélingard caresse l’espace avec ses bras, Alessio Carbone avec son dos, et Muriel Zusperreguy avec ses jambes. Cette dernière, transportée des bras de l’un aux bras de l’autre, nage avec aisance dans cet espace aérien. Tout semble naturel dans ce ballet, les portés, les chutes au sol, les sauts, tout y est doux mais attention pas gnangnan, car il y a une palette de nuances et de pas dans ce ballet qui en font sa richesse. Ajoutez à cela la musique (j’adore les brrrrrr
qui déclenchent des mouvements) dont la poésie n’est plus à démontrer et vous êtes enchanté.

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Encore une fois le Sacre, encore une fois des frissons, encore une fois je ne peux plus bouger. Le noir qui envahit la salle après la mise en terre de la scène plonge le
spectateur dans une première angoisse (oui j’ai peur du noir et j’assume!). Alice Renavand est allongée sur la robe rouge, la lumière rasante l’éclaire d’un coup. Puis Eleonora Abbagnato court et s’installe dans un grand plié. L’énergie se diffuse et la danse s’enivre de cette terre qui alourdit les jambes, qui obligent les danseurs à aller au delà de soi, à entrer dans cette transe si particulière. Je suis collée à ma rambarde et je ne peux décoller mon regard de cette frénésie.

Eleonora est la plus belle « Elue » qui m’ait été donnée à voir. Elle fut animale, le regard absorbé par une vision d’angoisse ou d’horreur. Ses mouvements sont habités par la
transe, elle me fait frissonner, son regard est de plus en plus angoissé, voire fixe comme si l’image de la mort ne flottait plus devant elle, mais s’était incrustée dans ses yeux. La connexion avec Wilfried Romoli est très forte dès l’instant où il la soulève, jusqu’à la danse pendant laquelle au sol, les bras en l’air qui sont l’énergie qui permettent à l’Élue de rester debout. Les autres danseurs ne bougent plus, le souffle de l’Élue rythme sa danse. Dernière note, les bras de Romoli tombent et l’Élue avec. Il n’y a de mots pour qualifier l’émotion qu’elle vient de me faire passer. Encore bravo. Je n’oublie pas la musique, bravo à l’orchestre dont les musiciens restent dans la fosse pour les saluts.

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Eleonora encore sous le choc de sa transe

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Félicitations pour le Sacre !

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Eleonora retrouve le sourire après 5 minutes d’applaudissements.

A la sortie je rencontre Palpatine, avec son chapeau et ses balletomanes numérotées. Il a la charge à présent de me présenter sa souris.

La critique de Rosita Boisseau dans Le Monde.

A lire sur les blogs, la soirée de Cams, d’Amélie, de Mimylasouris.

APOLLON

Igor Stravinsky Musique
George Balanchine Chorégraphie

O zLozony/O composite

 

Laurie Anderson Musique
Trisha Brown Chorégraphie
(Opéra national de Paris, 2004)
Vija Celmins Élément de Scénographie
Elizabeth Cannon Costumes
Jennifer Tipton Lumières

Le Sacre Du Printemps

Igor Stravinsky Musique
Pina Bausch Chorégraphie
Rolf Borzik Scénographie, costumes et lumières

 

  • Distribution du 19 décembre à 20h00

 

Apollon Musagète
Apollon Nicolas Le Riche
Terpsichore Marie Agnès Gillot
Calliope Aurélia Bellet
Polymnie Ludmila Pagliero
O zlozony / O composite
DANSEUSE Muriel Zusperreguy
DANSEURS Jérémie Belingard
Alessio Carbone
Sacre du printemps (Le)
L’ELUE Eleonora Abbagnato

 

Je vous rajoute la liste complète des danseurs car il faut tous les nommer !

Eleonora Abbagnato, Muriel Zusperreguy, Amandine Albisson, Caroline Bance, Aurélia Bellet, Christelle Granier, Miteki Kudo, Laurence Laffon, Laure Muret, Alice Renavand, Severine Westermann, Géraldine Wiart, Amélie Lamoureux, Charlotte Ranson, Caroline Robert, Camille de Bellefon

Wilfried Romoli (étoile invitée), Alessio Carbone, Vincent Chaillet, Josua Hoffalt, Bruno Bouché, Aurélien Houette, Julien Meyzindi, Pascal Aubin, Sébastien Berthaud, Matthieu Botto, Adrien Couvez, Daniel Stokes, Alexandre Carniato, Alexandre Gasse, Samuel Murez, Francesco Vantaggio.