Jérémie Bélingard

L’histoire de Manon Dupont/Hoffalt/Bélingard/Zusperreguy

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© Agathe Poupeney/Fedephoto.com

Deuxième soir de représentation, je fais la queue pour les pass jeunes avec La souris et Palpatine. La chance nous sourit donc, puisque nous obtenons trois pass jeunes, les vacances scolaires ont du bon.

Direction donc le premier rang du balcon pour revoir cette distribution que j’avais eu la chance de voir en répétition. Dans l’ensemble, je trouve que le ballet a de vraies longueurs et si il y a certains passages qui me plongent dans un émoi particulier, d’autres m’ennuient beaucoup.

J’ai trouvé cette distribution très équilibrée. Aurélie Dupont est une Manon séduisante et séductrice qui a conscience de son pouvoir sur les hommes. C’est pleine d’assurance qu’elle se jette dans les bras de Des Grieux. Technique bluffante, on sent une bonne complicité entre les deux partenaires et surtout beaucoup de plaisir à danser ce ballet, à se découvrir dans ces rôles tragiques que dans Bayadère. Dupont vit cette histoire avec une joie lisible sur son visage et qui transparaît dans sa danse. Le pas de deux du premier acte est très fluide. Quant à Josua Hoffalt, il est ce jeune homme fougueux, innocent et naïf que l’amour va mener à faire les pires choses. Sa danse fluide va se rigidifier à mesure qu’il connaît et qu’il aime Manon. Le jeu, la tricherie, le meurtre vont transformer ce personnage. Comment un amour si pur, si innocent, peut mener à tant de vices ? La femme semble clairement montrée du doigt, à travers le personnage de Manon, et les prostituées de façon plus générale.

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© Agathe Poupeney/Fedephoto.com

Jérémie Bélingard est hilarant dans le rôle de Lescaut. Il joue l’ivresse à fond, en prenant les déséquilibres avec brio, et défiant les lois de la gravité. J’aime son ébriété festive et le duo avec Muriel Zusperreguy fonctionne bien. Elle joue une maîtresse bienveillance, tout en restant rayonnante et séductrice. Hormis ce pas de deux et la variation de Manon, le reste m’a beaucoup ennuyée. Je trouve qu’il se passe trop de choses sur scène, j’ai envie de tout voir et forcément je n’y arrive pas. Sur France Musique, Clairemarie Osta disait à juste titre qu’il se passait mille histoires sur scène, que chaque personnage avait sa propre histoire. Il est vrai qu’on peut se laisser emmener dans le fond du tableau et regarder le jeu de séduction entre tel et tel personnage mais parfois, j’ai du mal à trouver la visibilité. D’autre part, je n’accroche pas du tout avec la scénographie, ni avec les costumes. De l’ocre, encore de l’ocre, oups du jaune. Si la finition des costumes est impressionnante, comme toujours à l’Opéra de Paris, on est loin de La Dame aux camélias. Au concours, les sujets dansaient la variation de Manon avec une robe de velours noire, très sensuelle, le velours bougeant à chaque mouvement de jambe avec délicatesse. Là, je trouve que la robe de Manon fait un peu kitch, voire cheap. Le décor fait de chute de tissus ocres et abîmés rappellent évidemment la condition dont Manon a le plus peur. La peur, la honte, devenir pauvre en une nuit, comme elle devient riche en quelques minutes avec un manteau et un collier, tout cela hante Manon, et le décor reflète cela, il n’empêche que je trouve ça très laid. Je ne parle même pas de l’acte trois où les lianes avec le plein feu vert, plus la fumée… si allez, j’en parle. Alors voilà, nous avons notre Manon qui dépérit au sol, dans les bras de Des Grieux et tous ses souvenirs apparaissent derrière elle. La frivolité, son frère coureur de jupons, le jeu, le meurtre, puis arrive le pas de deux final, qui est une chorégraphie merveilleuse et qui m’émeut énormément. Mais franchement, ces lumières vertes…Je trouve que cela manque de raffinement, puisqu’après tout c’est le peu de choses qui reste à la jeune Manon.

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© Agathe Poupeney/Fedephoto.com

Pour revenir à la misogynie, elle est présente tout au long du ballet. Aurélien Houette interprète un Monsieur de G.M. violent, conscient de sa puissance, de son argent. Il considère Manon presque comme une bête de foire, qu’on montre, qu’on utilise sexuellement, qu’on attache avec de l’hermine, des rivières de diamants, des bracelets clinquants. Monsieur de G.M. ne se laisse pas duper par les manigances de Lescaut ou de Manon. Il impose son pouvoir sur Manon, tout comme son frère d’une certaine façon, ainsi que le geôlier. Tout ceci est assez bien chorégraphié et rend le propos sur les femmes abject. Si l’amour pur donnent des pas de deux d’une beauté éblouissante entre Manon et Des Grieux, la soumission de Manon aux hommes, portée d’homme en homme, donne à voir un spectacle qui met mal à l’aise, qui dérange. Est-ce la volonté du chorégraphe ? Je n’en suis pas si sûre…

Une belle soirée, avec des longueurs donc, mais avec un beau travail d’interprétation. Prochaine distribution Ciaravola/Ganio !

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L’histoire de Manon sur le site de l’Opéra de Paris

  • Distribution du 23 avril 2012, 19h30
Manon Aurélie Dupont
DesGrieux Josua Hoffalt
Lescaut Jérémie Bélingard
La Maîtresse de Lescaut Muriel Zusperreguy
Monsieur de G. M. Aurélien Houette
Madame Viviane Descoutures

Séance de travail Robbins/Mats Ek

 

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© Anne Deniau

 

  Quelle belle semaine ! Après déjà deux Bayadères, une nomination, voilà la séance de travail Mats Ek / Jerôme Robbins. Avec les
jours qui ont vraiment allongés, je ne peux que retrouver le sourire. Celui ci s’efface peu à peu devant une flopée de scolaires (14 ans) dans les couloirs de Garnier. On a toujours de
l’appréhension de se voir le spectacle gâché par des rires idiots, des bavardages ou pire. Cela n’a pas manqué. Ce n’était pas horrible, mais suffisamment pour me déranger et qu’un « grrrrrr »
résonne dan ma tête.

 

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© Laurent Phillipe

 

Après coup, j’ai réfléchi en me mettant à leur place. Façon de parler, car, je ne suis pas à leur place. Mes parents rongeurs sans pour autant m’emmener au théâtre, à l’opéra ou au concert, m’ont
toujours appris à être curieuse. Les études aidant, les merveilleux professeurs que j’ai rencontrés (pensée particulière à Mme Noury ou M. Jambet) ont continué d’éveiller ma curiosité et d’ouvrir
mon oeil à de nouvelles choses. On accepte alors des langages nouveaux, des modes d’expression inédits. On accepte d’être mal à l’aise, d’être dérangé, bousculé. En outre, on apprend les codes de
ces lieux au fur et à mesure, ces lieux qui semblent inaccessibles, voire réservés. Il n’en est rien. Je me suis donc mise à leur place, j’ai essayé de me propulser dans un monde dont je ne
connaîtrais pas les codes. Ces adolescents ont été dérangés par la longueur de la première chorégraphie. Moi aussi d’ailleurs d’une certaine façon. Je pense qu’en fait c’est très violent pour eux
de voir ces corps bouger sans rien y comprendre. Oui parce qu’à cet âge là, on veut mettre du sens sur les choses. Qu’il doit être compliqué de préparer des élèves adolescents à voir un spectacle
comme Dances at the Gathering. C’est une démarche courageuse, et il faut saluer le travail des professeurs et des acteurs du projet Dix mois d’école et d’opéra. Cela s’apprend
d’aller au théâtre, au musée. Le regard s’éduque et ce n’est pas toujours facile. Appartement les a surpris, dans le bon sens. La tête dans le bidet c’est « dégueulasse », mais cela leur
plaît plus que la mousseline rose de la jupette. A moi aussi d’ailleurs. La notion de la valeur monétaire a été aussi abordée par les enfants. « Vas-y y’a des gens qui payent pour voir ça ?!! »
Oui, oui, même cher parfois… car l’art et l’émotion n’ont pas de prix quand on y goûte. Je reste quand même convaincue malgré tout, que c’est une excellente chose que ces ados aient eu accès à
l’Opéra. Si au moins un d’entre eux a été touché, ému, interloqué, alors le professeur a gagné quelque chose, mais surtout l’adolescent. Cela vaut bien quelques bavardages.. !

 

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© Agathe Poupeney

 

  Parlons un peu ballet puisque ce fut tout de même l’objet de la soirée. J’ai trouvé de beaux moments de grâce dans Dances at the Gathering. Les apparitions de
Mathieu Ganio sont toutes un pur régal. Dans ce type de chorégraphie, ses lignes sont particulièrement bien mises en valeur. Sa finesse technique s’épanouit dans la dentelle chorégraphique de
Robbins. Ludmila Pagliero, ce soir en rose, rayonne et le duo formé avec Mélanie Hurel est bien équilibré. Leurs danses s’accordent et elles se répondent avec une joie visible dans leurs
énergies. Il y a tout de même quelques longueurs dans cette pièce. C’est beau, c’est évanescent, la musique est sublime, mais je ne suis pas sûre de tomber sous le charme. Nous verrons en
représentation.

 

Pour Appartement, c’est une autre histoire. Un florilège d’étoiles sur scène. Marie-Agnès Gillot, hypnotisante, Chaillet scotchant, Bélingard puissant, pour ne citer
qu’eux. Le groupe est très uni, il se dégage une force très particulière. On sent que cette oeuvre est un enjeu pour chacun à la fois individuel et collectif. Ils se mettent complètement au
service de l’oeuvre au point qu’on en oublie qu’on est en répétition.

 

Mais ça parle de quoi, cette pièce ? Et bien comme son nom l’indique, cela se passe dans un appartement et les scènes de la vie quotidienne sont revisitées par Mats Ek. Noyer son chagrin dans une
baignoire, se laisser aller à la mélancolie devant la télévision, oublier bébé dans le four pendant une conversation de couple, se désespérer devant une porte qui reste définitivement fermée.
Tous les interprètes sont fabuleux. Le duo Le Riche / Renavand dans la variation de la porte est très émouvant. La pièce est traversée par ces moments mélancoliques puis rebondit dans une
atmosphère plus rock’n roll. La scène des aspirateurs reste un des moments clés. L’écriture chorégraphique est d’une finesse épatante, comme toujours chez Mats Ek. Chaque geste a un sens, et on
pourrait mettre un mot, un sentiment, un cri sur chaque mouvement. Le final est aussi un instant délicieux, car on sent que cette énergie commune qui lie tous les danseurs est exponentielle.

 

Cerise sur le gâteau, Mats Ek monte ensuite sur scène pour faire quelques corrections. Malgré la fatigue, les danseurs remettent ça plusieurs fois. Un régal pour nos yeux !

 

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© Agathe Poupeney

 

  •   Distribution du 9 mars séance de travail

Dances at the Gathering Jerome Robbins

 

Rose Ludmila Pagliero
Mauve Eve Grinsztajn
Jaune Muriel Zusperreguy
Vert Agnès Letestu
Bleu Mélanie Hurel
Marron Mathieu Ganio
Violet Karl Paquette
Vert Benjamin Pech
Brique Alessio Carbone
Bleu Christophe Duquenne

 

  Appartement Mats Ek

 

Marie-Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Alice Renavand, Amandine
Albisson
, Christelle Granier, Laure MuretJérémie Bélingard, Vincent Chaillet, Nicolas Le Riche, Audric Bezard, Simon Valastro,
Adrien Couvez


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© Agathe Poupeney

 

 

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Séance de travail Robbins/Mats Ek:
 

© Anne Deniau

 

  Quelle belle semaine ! Après d …

Rencontre autour de Cendrillon

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J’arrive à Bastille vers 15h50 pour assister à la rencontre Cendrillon à l’amphithéâtre. Brigitte Lefèvre apparait et nous fait son petit discours d’introduction habituel. Elle
s’étonne de devoir parler de Cendrillon alors qu’il y a si peu de temps elle parlait de  La source dont la dernière a lieu ce soir. Elle rassure le public qui a aimé ce ballet et confirme qu’il sera repris. Pas tout de suite, bien entendu, mais il sera repris.

La période de fête commence donc et deux ballets sont prévus. Cendrillon qui sera donné pour la première fois à Bastille et Onéguine de Cranko, à Garnier. Cendrillon est un des ballet les plus important pour la créativité de Rudolf Noureev. Il a crée ce ballet pour l’Opéra de Paris, pour la qualité de la troupe notamment pour les garçons. Il a
retraduit le conte dans la période hollywoodienne. Il s’est posé la question « De quoi peut rêver une jeune fille aujourd’hui? – de devenir une star ». On y découvrira de beaux ensembles, mais aussi des pas de deux virtuoses. Plusieurs étoiles vont danser ce ballet, même si il y a eu quelques défections (petite pensée pour Vincent Chaillet).

Une étoile prend ce rôle pour la première fois et c’est Laëtitia Pujol, qui entre suivie de près par le fougueux Jérémie Bélingard, qui lui a déjà dansé le rôle de l’acteur vedette. C’est Florence Clerc qui dirigera la répétition accompagnée au piano de Andrea Tourra.

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La répétition se fait sur la variation du tabouret. C’est la rencontre entre Cendrillon et l’acteur vedette.

La variation présentée est déjà bien en place. Florence Clerc très douce commence par corriger les têtes et les regards. Laêtitia Pujol se trouve gênée par le rideau noir du fond de scène pour placer son regard et donc ses tours (ce que je peux bien comprendre, moi même étant myope, j’ai l’habitude de danser dans le flou, mais le noir ne vous permet pas de fixer un point). La variation est difficile tant pour le garçon qui doit beaucoup porter, faire tourner sa partenaire (moi ces tours au doigt, ça fait toujours mal, quand on voit comment les danseuses s’y agrippent). Le t-shirt de Jérémie Bélingard est vite trempé et on comprend aisément pourquoi. Quant à la ballerine, elle est remuée dans tous les sens avec des tourbillons dans lesquels ses bras s’emmêlent, et cela n’a pas l’air plus évident non plus. Le duo marche bien, ils communiquent beaucoup entre eux. Jérémie Bélingard propose sur tous les pas d’autres possibilités pour que sa partenaire soit plus à l’aise. Il s’avance, la porte différemment, essaye de la faire rire pour qu’elle se détende. Laëtitia Pujol est pleine de grâce dans ce rôle. Je pense qu’elle fera une très belle Cendrillon. Elle est perfectionniste, ne laisse aucun pas au hasard, ne se permet aucun doute. C’est assez fascinant de voir ce réglage au millimètre.

Je regrette un peu qu’il n’y ait pas eu plus d’explications sur le ballet, sur la situation de cette scène dans l’argument général. Il y a des répétitions où il y a parfois plus d’interactions avec le public. Je regrette un peu aussi de ne pas avoir vu Jérémiiiiiiiiiiie (ok je me calme Jérémie Bélingard) ne pas nous passer un petit solo… Pressée de le voir en scène.

Cendrillon ça commence le 25 novembre et vous pouvez le voir jusqu’au 31 décembre (date à laquelle j’y serai en compagnie de Pink Lady, nous parions sur une nomination…). Il reste des places donc réservez et emmenez vos enfants !

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© Syltren / Rêves impromptus

 

L’anatomie de l’ennui

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Suite à la grève, samedi 02 juillet est donc finalement devenu le soir de première pour la nouvelle création de Wayne Mc Gregor. Je retrouve ma Pink Lady pour faire la queue pour les pass. Après quelques embrouilles avec les revendeurs-arnaqueurs, un bilan approfondi de la Summer Party de l’ENB (les Louboutins se sont finalement vendues à £5000), les Pass tombent pour nous et en plus à côté.

Je n’attendais rien en particulier. J’avais apprécié Genus pour son langage désarticulé, parfois hip hop néo classique.  Puis j’avais visionné plusieurs oeuvres de Mac Gregor et
j’avais été déçue de voir qu’il n’y avait souvent rien derrière ce langage. Enfin si, Mc Gregor veut y mettre du sens, mais de mon point du vue, on pourrait échanger les titres des pièces, ça ne changerait pas grand chose…

Il y a quelque chose que j’ai beaucoup aimé dans cette pièce, c’est la scénographie. Des grands panneaux blancs sur lesquels sont projetées différentes couleurs en fonction des tableaux. Tableaux de peintures, fond de toiles, les tableaux se succèdent en fonction de la partition musicale. Je reviens sur la scénographie avant de parler plus précisément de la construction chorégraphique. Ces grands panneaux sont superbes, ils s’ouvrent et se ferment et changent l’espace dans lequel vont évoluer les danseurs. Parfois l’espace est même partitionné comme dans un diptyque ou un triptyque. J’aime bien l’idée de contraindre l’espace, comme la taille de la toile du peintre sur laquelle il faut jeter des couleurs.

Côté musique, ça a été très douloureux pour moi. Je n’ai pas du tout aimé la musique de Turnage, aussi bien interprétée soit elle par l’ensemble intercontemporain. Ça ne m’a pas
aidée à rentrer dans le ballet. J’ai trouvé ça froid, distant et assez brutal. J’étais assez mal à l’aise à vrai dire avec cette musique, elle prend tellement d’espace que j’avais du mal à lier la danse avec elle. Soit je me concentrais sur la danse, soit sur la musique mais les deux ensemble, sacrée cacophonie.

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J’en arrive à la danse. On pourrait débattre du titre de la pièce de Mc Gregor et sur Twitter les pastiches pleuvent. Que sa pièce soit pour Francis Bacon pour quelqu’un d’autre peu importe. Il y a chez Bacon une sensualité des corps, quelque chose d’extrêmement charnel que je n’ai absolument pas retrouvé ici. La pièce est découpée comme la musique en neuf mouvements. Le premier Blood on the Floor, met en scène Mathias Heymann et Jérémie Bélingard. Le duo devrait être sensuel, avec ces deux là. Et bien rien, il ne se passe rien. Il ne suffit malheureusement pas de les mettre en slip (même si c’est toujours agréable à regarder.. ) pour que les corps parlent avec sensualité. Déjà je savais que c’était mal parti, si je m’ennuie pendant un duo Bélingard/Heymann… aie !

Le deuxième mouvement, Junior Addict, solo dansé par Gillot, même chose. J’adore Gillot dans ce langage chorégraphique, je la trouve merveilleuse et ses jambes qui s’étirent à l’infini me fascinent. Mais là encore, voir MAG reculer une épaule, puis la tête, puis hop je te mets un grand écart, et hop on démêle tout ça dans l’autre sens, non merci. De même que ses deux camarades précédents, elle n’était pas sensuelle, cela manquait terriblement de féminité. Le troisième mouvement, Shout, me réveille un peu mais je trouve que les ensembles étaient mal réglés. Des erreurs de synchronisation, il manquait une énergie commune. J’avais l’impression de voir des poupées dansant dans des petites bulles de verre.  J’ai bien aimé Laurène Lévy, qui s’éclate vraiment, qui ose un sourire et elle attire le regard un peu plus que les autres sur sa danse. Au quatrième mouvement, Sweet and Decay, je décide de m’accrocher plutôt que de tomber dans le sommeil. Les deux couples MAG/Audric Bézard et Hoffalt/Renavand, dansent dans deux espaces différents et je l’ai dit plus haut, j’apprécie cette idée. En plus, je trouve que ces deux couples ont quelque chose en plus que les autres. Ils se passent enfin quelque chose sur scène. Vais-je enfin avoir une sensation ? Je n’irai pas jusque là, malheureusement. Au cinquième mouvement,
Needles, je ne tiens plus en place et hésite franchement à m’en aller. Du coup je prends la distribution et compte le nombre de tableaux qu’il me reste. Je discute un peu avec Pink Lady, mais étant sur un strapontin qui grince ce n’est pas pratique. D’un regard, on comprend vite qu’on est du même avis. Je suis aussi venue pour voir danser Aurélie Dupont, donc j’attends. Ouf c’est le mouvement suivant, Elegy for Andy. Retour de Dupont sur scène et avec son mari c’est du jamais vu (ou presque!) mais là encore du point de vue de la chorégraphie que je ne trouve rien que me touche, qui  me fasse frissonner. Aurélie Dupont revient au top, rien à dire sur sa technique, cela fait plaisir de la voir sur scène, mais j’aurai aimé la voir dans autre chose. Dupont/Bélingard c’est quand même le couple électrique, par là je veux dire on devrait sentir une tension entre eux, et bien non. Le septième mouvement, Cut up, je décide de prendre des notes sur ce que je viens de voir.. J’ai l’impression que cette heure de danse dure au moins le triple… Ca devient douloureux. Le huitième mouvement, Crackdown, avec le duo Hoffalt/Renavand est enfin une petite bulle de bonheur au milieu du reste. Ça en jette, ça danse ! Les mouvements sont très élevés quand Renavand danse sur pointes, puis tout se recroqueville au sol. Il y a une tension entre le sol et le plafond et entre les deux danseurs. On dirait qu’il y a des aimants un peu partout. C’est le meilleur moment de la pièce d’un point de vue danse. Mc Gregor s’est donné la peine de faire « un final » Dispelling the Fears qu’on aurait aussi pu enlever. Que je n’aime pas ce genre de construction, avec un final lourd, type feu d’artifice ou cerise sur le gâteau. Je trouve ça ringard.

 

Applaudissements assortis de nombreux bravos, c’est pour ma part assez dépitée, que je sors de la salle. On rattrape Fab au passage (dont la tête n’est pas plus enthousiaste que la mienne), mais on rate Joël et Laura. L’avantage d’un ballet qui dure 1h15 c’est qu’à 21h15 on était dehors, on a pu aller manger aux Associés (il est là le vrai restau de l’Opéra ! parce que « Chez Brigitte » à Garnier n’est pas prêt d’ouvrir). On a même pu convaincre Fab que Ganio avait un côté magnétique (ok on a rien fait il est juste passé ça a suffit). Mon dessert, brioche façon pain perdu au caramel laitier, m’a donné plus de sensations fortes que cette anatomie. Pauvre Francis Bacon !

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  • Presse et autres liens

Ariane Bavelier dans Le Figaro est Loin de Francis Bacon, Pour Phillipe Noisette dans
Les Echos c’est Un plaisir vide de sens, Nicole Duault dans le JDD parle
d’une Sensation sans rage.

L’express : L’hommage à Francis Bacon

Reportage audio sur France Info

A écouter interview de Josua Hoffalt, Dorothée Gilbert.

Répétition avec Josua Hoffalt et Alice Renavand.

A lire sur les autres blogs : Blog à petits pas, Danses avec la plume, Joël Riou, Envie d’ailleurs, etc… voir la dansosphère ci contre.

La matinée du 14 juillet 14H30 est GRATUITE

  • Distribution du samedi 02 juillet 20h00
Mlle Aurélie Dupont
Mlle Dorothée Gilbert
solo 2ème mouvement Marie-Agnes Gillot
Mlle Marie-Agnes Gillot
Mlle Laurène Lévy
Mlle Myriam Ould Braham
Mlle Alice Renavand
MM Jérémie Bélingard
MM Mathias Heymann
MM Josua Hoffalt
MM Simon Valastro

 

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Mark Anthony Turnage Musique
Blood On The Floor
Wayne McGregor Chorégraphie
John Pawson Décors
Moritz Junge Costumes
Lucy Carter Lumières

 

  • Extraits vidéo

 

 

Nouvelles de la semaine du 20 juin

Copyright Deyan Parouchev @digitall

© Deyan Parouchev

Suite de la série Sarah Kora Dayanova/Allister Madin par Deyan Parouchev. Pas mal non? qu’en pensez-vous? Le photographe a fait aussi de très belles photos sur les toits de Paris, vous devrez attendre un peu avant que je vous montre.

  • La sortie de la semaine : Pina Bausch au Théâtre de la Ville

Chers lecteurs, je vous aime beaucoup, mais si vous avez une place pour Pina Bausch, je vous déteste. Oui je vous l’accorde c’est très enfantin, mais j’ai mes raisons. Pina Bausch fut la première chorégraphe contemporaine que j’ai découvert et c’est cela qui m’a fait aimer la danse contemporaine. J’ai vu le Sacre en premier, puis j’ai découvert la suite. Café Müller m’a toujours marquée, j’ai une sorte d’attraction/répulsion pour cette pièce, dans laquelle je découvre et apprends toujours quelque chose et qui me met en même temps si mal à l’aise. J’aime les œuvres qui me bousculent. Pina Bausch savait passer d’une émotion à une autre avec talent, parfois en douceur, parfois avec brutalité. Ainsi dans Sweet Mambo, on passait des caresses, à l’oppression, le tout dans une danse si liée, si délicate qu’elle vous emportait dans une longue histoire. Le jour d’ouverture des réservations j’ai appelé 153 fois le Théâtre de la ville (oui, oui j’ai des excès de folie), Joël a gentiment proposé de s’y rendre pour Fab et moi, mais rien à faire, si vous n’êtes pas abonné, et bien vous n’êtes pas abonné. Joël est reparti bredouille, j’ai arrêté d’appeler, vexée. En résumé, il faut s’abonner au théâtre de la ville sachant que si vous ne l’êtes pas déjà, il faut attendre que les anciens le fassent, puis vous passez après. Bref, je ne comprends pas leur système, et eux qui se gargarisent d’avoir un public hétérogène…

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Parlons un peu de la pièce, « …Como el musguitoen la piedra, ay, si, si, si… » est une création de 2009, la dernière création de Pina Bausch. Côté chorégraphie, beaucoup d’éléments
sont repris d’autres pièces, comme Vollmond,  Sweet Mambo, Bambo blues. Il y a la joie de ces ballets, avec la violence qu’il peut cohabiter. Je pense à cette ceinture par laquelle
est attachée une jeune fille. On retrouve aussi l’inspiration d’ailleurs. Ces dernières années, Pina Bausch voyageait et s’inspirait, se nourrissait des cultures d’ailleurs. Agua
(Brésil) et bien sûr Néfés (Turquie), sont pour moi les plus belles réussites de ces voyages. Ce dernier voyage s’inspire des odeurs, et saveurs du Chili. Et toujours ces robes, et
encore plein de couleurs. Cela nous promets deux heures trente de bonheur.

Du 22 juin au 8 juillet 2011, complet pour toutes les représentations

avec Pablo Aran Gimeno, Rainer Behr, Damiano Ottavio Bigi, Aleš Čuček, Clémentine Deluy, Silvia Farias Heredia, Ditta Miranda Jasjfi, Nayoung Kim, Eddie Martinez, Dominique
Mercy, Thusnelda Mercy, Morena Nascimento, Jorge Puerta Armenta, Azusa Seyama, Fernando Suels Mendoza, Anna Wehsarg, Tsai-Chin Yu

  • La distribution de la semaine : L’anatomie de la sensation pour Francis Bacon de Wayne Mc Gregor

Elles sont sur le site de l’Opéra de Paris depuis quelques jours. Les voici les voilà !

Distribution des 29 juin, 2 (20h00), 6, 9 (14h30), 11,14, 15 juillet 2011

Aurélie Dupont
Dorothée Gilbert
Marie-Agnes Gillot
Laurène Lévy
Myriam Ould Braham
Alice Renavand
Jérémie Bélingard
Mathias Heymann
Josua Hoffalt
Simon Valastro
Audric Bezard

 

Cette distribution aligne les étoiles et fait rêver. Aurélie Dupont revient après la naissance de son deuxième fils, aux côtés de son mari (Jérémie Bélingard, ndrl), si ils dansent en duo (ce qu’ils ont rarement voire jamais fait) cela risque d’être très beau. Mathias Heyman s’était révélé extrêmement à l’aise dans l’exercice précédent, Genus, je suppose qu’il en sera toujours le cas cette fois-ci. Marie-Agnès Gillot, que j’ai vue danser une seule fois cette année (soirée des 3B) va dominer la scène, par sa technique et son charisme. Myriam Ould-Braham est la star de cette soirée Mc Gregor puisqu’on pourra la voir dans les deux distributions. J’en connais une qui doit être ravie. On verra le duo Josua Hoffalt/ Alice Renavand, mon dieu que cette distribution est alléchante. Il faudrait que je puisse aller voir ce ballet plusieurs fois, mais je ne crois pas que cela se produire. Je préfère faire la queue tous les jours pour obtenir le sésame pour voir Pina Bausch au TDV… Je vous ai dit à quel point il était impossible d’avoir des places dans ce théâtre ?

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© Anne Deniau / Opéra de Paris

La deuxième distribution est tout aussi alléchante, moins d’étoiles, mais des personnalités pas moins intéressantes. Parmi elles, Mathilde Froustey, occasion unique de la voir dans autre chose que dans un tutu, Amandine Albisson qui par sa force tranquille en impose toujours sur scène. Chez les garçons, je suis ravie de voir Julien Meyzindi, que j’apprécie beaucoup plus dans le registre contemporain que classique même si il fut un Pâris talentueux (Roméo et Juliette, ndrl). Laëtitia Pujol est à contre emploi, mais dans une telle forme depuis quelques mois, qu’elle peut donner quelque chose de très particulier, je ne me suis toujours pas remise de sa Juliette. Emilie Cozette est toujours impeccable en contemporain, elle sera bien mise en valeur dans cette pièce.

Distribution des 2(14h30), 5, 8, 9 (20h00), et 12 juillet 2011

Myriam Ould Braham
Laëtitia Pujol
Emilie Cozette
Amandine Albisson
Mathilde Froustey
Sabrina Mallem
Alexandre Gasse
Yannick Bittencourt
Julien Meyzindi
Adrien Couvez
Nicolas Paul

A noter la séance de travail AROP aura lieu samedi 25 à 19h30 à Bastille.

  • L’accord de la semaine : ONP/SNCF, 2 sigles 1 réduction

Amis provinciaux, vous pouvez désormais bénéficiez d’une réduction de 25% si vous venez en week-end à Paris pour voir un spectacle de l’Opéra de Paris.

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Je cite les conditions de vente :

« L’offre est accessible dans toutes les Gares SNCF, Boutiques SNCF, Agences de Voyages agréées SNCF, par téléphone au 36 35 (0,34 €/min)
depuis la France ou au +33 (0) 892 35 35 35 depuis l’International.
La réduction n’est pas vendue à bord des trains. Elle est proposée à la vente pour les trains au départ de toutes les gares ferrovières de région et à destination de Paris pour des voyages liés à des spectacles de la saison 2010-2011 et de la saison 2011-2012 à l’Opéra national de Paris. Le billet doit être un billet aller-retour.

L’offre est disponible en 1ère et 2nde classe, sur le réseau Grandes Lignes SNCF, hors Île-de-France, sur les TGV, les trains TEOZ et LUNEA dans la limite des places
disponibles ainsi que dans les trains INTERCITES en période bleue.

L’offre est valable pour un aller effectué un samedi et un retour effectué un dimanche (à l’occasion de jours fériés en semaine, l’offre est étendue
aux « ponts », le trajet aller ou le trajet retour devront être effectués la veille du pont ou l’un des jours du pont).

Les billets de train sont échangeables auprès des points de vente SNCF sur présentation des billets aller et retour, et non remboursables.

Justificatifs à fournir : afin de justifier sa réduction, le voyageur doit présenter au retour, à bord du train, son billet de
spectacle correspondant à l’un des spectacles à l’Opéra national de Paris du week-end correspondant au voyage (billet cartonné ou billet électronique de spectacle) conjointement avec le billet
SNCF aller et le billet SNCF retour. Dans le cas où le voyageur ne pourrait justifier sa réduction, le billet retour SNCF serait ramené au plein tarif.
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  • La dédicace de la semaine : Carolyn Carlson

L’artiste vient de signer un nouveau recueil d’haïkus, après Le Souffle et l’esprit, voilà Brins d’herbe. La chorégraphe dessine et écrit des haïkus depuis des années qui sont
dans la continuité de sa danse, fluide et graphique.

Elle dédicacera son recueil à la librairie Comme un roman mardi 21 juin à 18h30 (rue de Bretagne dans le marais).

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  • Le festival de la semaine : Montpellier danse 31ème édition

C’est mercredi que commence la nouvelle édition du festival Montpellier Danse. A ne pas manquer si vous êtes dans la région. Vous pourrez notamment voir le spectacle de Bartabas, Le Centaure et le cheval, le Sacre de David Wampach, le flamenco d’Israël Galvan avec La Edad del oro, Didier Théron s’attaque au Boléro de Ravel rebaptisé Shangaï Boléro, je déconseillerai Emanuel Gat en revanche, qui vient avec une nouvelle création Brilliant Corner, il ne faut par contre pas manquer Artifact de William Forsythe dansé par le Ballet Royal de Flandres, la pièce forte de ce
festival.

 

Visuel Montpellier Danse

 

Tant que vous êtes dans le sud, vous pouvez aussi allez faire un tour au Festival de danse et Arts multiples de Marseille. Il a commencé le 16 juin et dure jsqu’au 9 juillet. Pour sa 16ème édition, le Festival propose une programmation alléchante avec du Alvin Aley, le Nearly 90° de Merce Cunningham, Vertical Road d’Akhram Kahn entre autres. Plus d’infos ici.

  • La vidéo de la semaine : Pina, Pina, Pina !

Oui je suis dégoutée de ne pas avoir de place, alors youtube comble ma frustration.J’ai choisi Vollmond, car en cette période de sècheresse, il est temps qu’il pleuve un peu.

A noter aussi que le documentaire Nés pour danser est encore disponible en VOD sur arte. Suivez  le  lien.

A revoir la soirée Coppélia sur France 3 (jusqu’à vendredi seulement).