Pina de Wim Wenders, hommage haut en couleurs

Pina 3D

Pina est un film merveilleux qu’il faut courir voir au cinéma le 06 avril. J’ai été éblouie par de la beauté jetée en touffe ce soir.

J’avais ratée l’avant-première au Théâtre de la ville le 02 mars (quelle idée de mettre une avant-première à l’heure à laquelle je danse?). Amélie et Fab s’y étaient rendues. Quant à moi j’avais obtenu 2 invitations pour voir le film ce jeudi. Après une introduction par Wim Wenders assez forte en émotion (depuis Les ailes du désir… moi j’adore Wenders) il est temps de chausser les lunettes (peu pratiques par  ailleurs quand on en porte déjà, le petit rat a des tendances de taupe).

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© Neue Road Movies GmbH, photograph by Donata Wenders

Le film est une sorte de film hommage à la chorégraphe. Ici pas de larmes ou de regrets, que du bonheur et de la joie. Le film tourne autour de plusieurs axes et sa structure est régulière, et c’est peut être là le seul reproche que l’on peut faire au film.

Quatre ballets, quatre pièces. Pour chaque pièce, une manière particulière de filmer. Quelques phrases sur Pina d’un danseur filmé en gros plan avec sa voix en off. Puis un
extrait de la pièce dans un lieu en extérieur, le métro, la forêt, un carrefour, la place devant le théâtre.

Le film s’ouvre sur la scène du Wuppertaltheater avec dans le fond une photo de Pina. Discrète, elle va observer, d’où elle est, ce joyeux remue ménage.

On commence avec Le Sacre du Printemps. Je n’aime pas les classements mais Le Sacre doit être dans mon top 10 . Je n’ai jamais vu Le Sacre comme cela
et la 3D a produit sur moi un effet merveilleux. On est sur scène avec les danseurs, tout y est encore plus sensuel que d’ordinaire. La barrière toile/spectateurs y est brisée. La tension est à son comble, seul regret Wenders ne met pas la danse de l’Elue, il arrête le ballet à la saisie de la sacrifiée par le soliste.

Pina 3D

© Neue Road Movies GmbH, photograph by Donata Wenders

On poursuit avec Café Müller qui est présenté sous forme d’une maquette par Dominique Mercy et Malou Airaudo. Ils regardent la scène remplie de chaises et les personnage apparaissent sur cette petite maquette. Les deux danseurs se rappellent de Pina dansant Café Muller. Elle apparait et rappelle l’importance de comment placer son regard malgré les yeux fermés. On y voit différents extraits de cette superbe pièce. La troisième dimension nous fait nous aussi voyager les yeux ouverts à travers ces chaises. On est happé par les personnages, les extraits sont choisis avec habileté, et on jongle en permanence avec les entretiens des danseurs ou les scènes filmées dans un espace urbain ou naturel. Dans ces espaces, j’ai tout particulièrement aimé ceux
tournés dans une espèce de studio aux lignes épurées, fait de vitres et de bois, le tout en pleine nature. Les extraits dans le métro avec Dominique Mercy avec de grandes oreilles ou sa version de la ballerine classique dans un tunnel sont irrésistibles.

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© Neue Road Movies GmbH, photograph by Donata Wenders

Kontakthof est la troisième pièce présentée, qui constitue un fil rouge tout au long du film, car on voit par moments les danseurs de Pina faire cette fameuse file indienne avec
des mouvements de bras. Là Wim Wenders choisit de mêler les trois pièces de Kontakthof, celle de la compagnie, celle des juniors de 2008 et celle des seniors de 2000. C’est assez bien fait et le tout est harmonieux. J’ai aimé revoir danser Cristiana Morganti, Nazareth Panadero et  Anna Wehsarg. Quand un des personnages prend ses camarades de jeux en photo, on nous emmène vers une scène hors les murs accompagnée de nouveau par un portrait court à travers les mots de Pina. Ils se souviennent tour à tour de ce que Pina leur disait. Peu de choses, globalement. Mais toujours des choses juste qui les faisaient avancer, qui les faisaient grandir, qui les aidaient à affronter la vie et ses épreuves. Elle leur disait des choses qui leur permettaient de se libérer de tout carcan pour pouvoir s’exprimer en scène. Quand on voit la diversité de ses danseurs, de leurs caractères, de la couleur de leur danse, de leurs regards, on se dit que Pina avait
un sens hors norme pour sentir le potentiel des gens, pour faire ressortir ces talents plein d’émotions et de sentiments.

Pina 3D
© Neue Road Movies GmbH, photograph by Donata Wenders

On finit avec Vollmond, pièce de 2006, que j’ai confondu au début avec Sweet Mambo, (crée en 2008) car dans cette dernière pièce elle y reprend des éléments de la première. C’est une pièce avec beaucoup d’éléments naturels, la pluie, la pierre. Les scènes hors les murs vont donc être dansées de façon naturelle dans la forêt par une autre danseuse que j’aime beaucoup et qui tenait le rôle principal dans Sweet Mambo, Regina Advento.

Ce film c’est comme une grande bouffée d’air frais (de mes montagnes que j’aime tant, pour rester dans un esprit de nature…), c’est festif comme la B.O. de Chat noir, Chat
blanc, c’est comme une gorgée de bière à une terrasse de café parisien quand il fait beau, c’est comme si on découvrait la danse pour la première fois. C’est un instant de bonheur très coloré, superbement filmé et orchestré. Et ça danse, ça danse, ça ne s’arrête jamais car sinon, nous sommes perdus.

Sortie en salles le 06 avril.

Le site de la production est . Vous y trouverez des vidéos du making off, le dossier presse en PDF intéressant à lire et d’autres infos.

3 réflexions au sujet de “Pina de Wim Wenders, hommage haut en couleurs

  1. Fab says:

    Moi aussi, j’aurais tellement aimé voir la danse de l’élue dans le Sacre, filmée en 3D. Sait-on jamais… peut-être que dans le DVD, on aura droit à deux ou trois bonus sympas…

  2. Fab says:

    Bé oui, c’est bien le problème… Ou alors il faudrait une petite projection privée dans une salle de cinéma des bonus et secrets de fabrication du film. J’en parle à Wim

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