Ballet Béjart Lausanne à l’ONP du 5 au 9 décembre 2009

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Voilà bientôt 20 jours que je ne sais pas quoi écrire sur le programme Béjart dont la compagnie Ballet Béjart Lausane est restée cinq jours à l’Opéra de Paris. Je suis restée muette suite à ce
programme… oups moi qui suis si bavarde d’ordinaire!

Commençons par parler de la compagnie, car c’est au départ le fait de voir cette compagnie qui avait motivé l’achat des places. On est toujours dans l’attente de quelque chose quand on découvre de
nouveaux danseurs. J’avais par exemple été très surprise par le New York City Ballet, compagnie multiculturelle (on en est malheureusement bien loin en France…) hétéroclite dans les physiques et
les énergies. L’âme qui résidait sur scène à ce moment là était bien différente de celle de la compagnie de l’Opéra de Paris.
Pour le Ballet Béjart Lausanne, qui ne m’était pas complètement inconnue ayant vu presque tous les DVD, j’ai découvert (sur scène c’est toujours une découverte) une compagnie resplendissante,
jeune, pleine de vitalité, tirée par la proue Elisabeth Ros dont les jambes merveilleuses strient l’espace de lignes infinies. Tout est impeccable, techniquement c’est absolument parfait.

  • Sonate à trois

Sonate à 3
Très belle musique de Bartok sur laquelle évoluent un homme et deux femmes enfermées dans une pièce assimilée au purgatoire. Les trois personnages usent de toutes leurs armes de séduction. Ils
s’attirent, se rejettent, s’aiment, se détestent, le tout chorégraphié dans un vocabulaire complètement classique. La pièce inspirée de Huit clos de Jean Paul Sartre ne m’enchante pas plus
que ça, et me laisse même plutôt de marbre. Les chaises sur scène sont trop peu exploitées. Je trouve bizarrement que c’est beaucoup trop écrit. Peut être est ce à cause du choix du vocabulaire
classique.

SONATE À TROIS
d’après Huit clos de Jean Paul Sartre

Musique Bela Bartok Sonate pour deux pianos et percussions 1er et 2ème mouvements (1938)
Chorégraphie et mise en scène Maurice Béjart (1957)
Décors Bert
interptrètes danse Domenico Levrè, Elisabeth Ros, Kateryna Shalkina

  • Webern Opus V

Webern Opus V
Epuration complète pour cette deuxième pièce. Sur scène, un couple en académique blanc dessinant des lignes strictes et régulières dans l’espace, toujours avec un vocabulaire classique. Les
musiciens sont sur scène, quatuor à cordes, jouant du Webern. Les danseurs semblent danser sur les 5 lignes de la partitions.

WERBERN OPUS V

Musique Anton Werbern Cinq mouvements pour quatuor à cordes, opus V. (1909)
Chorégraphie Maurice Béjart (1966)
Réalisation lumières Dominique Roman
Interprètes danse Daria ivanova et Paul Knobloch


  • Dialogue de l’ombre double

P1010487.JPGComble de l’ennui de ma soirée. Je n’ai pas compris cette pièce et elle ne m’a pas touchée.
Il me manque l’explication de texte. Entre les changements de tenue, les éclairages désagréables, les peluches géantes, bref si quelqu’un a une lecture de cette pièce je suis preneuse! Côté musique
, la partition de Pierre Boulez pour clarinette, qui n’est pas mon instrument préféré, m’empêche d’entrer dans la chorégraphie. Je ne comprends pas si le musicien qui se déplace sur scène fait lui
aussi partie de l’écriture chorégraphique, bref vous l’aurez compris il me faut le décodeur!

DIALOGUE DE L’OMBRE DOUBLE

Musique Pierre Boulez Dialogue de l’ombre double, pour clarinette, clarinette enregistrée et piano résonnant (1985).
Chorégraphie Maurice Béjart (1998)
Costumes Anna de Giorgi
Lumières Clément Cayrol et Dominique Roman
Régie son Nicolas Berteloot
Clarinette Alain Damiens
Inteprètes danse Kateryna Shalkina et Oscar Chacon

  • Le marteau sans maître

P1010512Je ne suis pas parvenue à me remettre dedans après l’entracte. Je n’avais pas l’attente que j’ai
toujours dans le ventre et cette question dans la tête « ça recommence quand? ». La dernière pièce est pour moi la plus intéressante car elle présente un intérêt à la fois chorégraphique et
scénographique. Gil Roman ( ancien ami de Maurice Béjart et qui a depuis repris la direction artistique du BBL) a décidé de remonter ces spectacles et notamment celui là car c’était un voeu cher à
Maurice Béjart. N’ayant jamais vu l’oeuvre auparavant (ni celle là ni les autres d’ailleurs) j’ai apprécié ce travail, sans un enthousiasme débordant pour autant. Ce qui m’a intéressée c’est la
façon dont Béjart a écrit cette pièce. La pièce est écrite en tableaux avec des personnages récurrents. Chaque danseur semble être un poème qui se confronte ou qui renvoie aux autres comme dans la
superbe oeuvre de René Char. C’est plus qu’une illustration chorégraphique du recueil de poèmes c’en est une interprétation vivante. D’autre part, la musique s’ajoute à ce spectacle vivant car elle
participe du décor en envahissant l’espace d’une façon bien particulière et frapper les disques dorés qui forment le décor mural.

LE MARTEAU SANS MAITRE
d’après le recueil de René Char

Musique Pierre Boulez Le marteau sans maître, pour voix d’alto et six instruments (1954)
Chorégraphie Maurice Béjart
Décors et costumes Joëlle Roustan et Roger Bernard
Lumières Roger Bernard
Interprètes principaux danse Elisabeth Ros, Dawid Kupinski, Johan Clapson, Oscar Chacon, Keisuke Nasuno, Julien Favreau, Arthur Louarti.

Lien Opéra de
Paris

A lire :  interview Gil Roman DANSER n°294 janvier 2010 page 50.

 

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Ballet Béjart Lausanne à l’ONP du 5 au 9 décembre 2009:

Voilà bientôt 20 jours que je ne sais pas quoi écrire sur le programme Béjart don …

3 réflexions au sujet de “Ballet Béjart Lausanne à l’ONP du 5 au 9 décembre 2009

  1. mimylasouris says:

    Je vois que je ne suis pas la seule à avoir été décontenancée…

  2. aléna says:

    Dire que j’ai écrit sensiblement la même chose en me disant que je commettais là un crime… et je lis un peu partout que tout le monde est déçu, trouve Béjart très vieilli… Alors, le maître sera
    destitué de son autorité?

  3. aléna says:

    Eh bien! là encore j’ai écrit un peu la même chose (kylian, duato!). mais ce qui est paradoxal chez Béjart c’est cette prétention populaire mêlée à cette prétention intellectualiste… Bon, je
    repense au marteau, c’est quand même une belle oeuvre!
    Vous savez qu’hier je me suis repassé Jewels dans la version opéra de paris ! grâce à vous ! en fait, je suis anti vidéo, ça tue le ballet, le spectacle, mais il faut bien avoir une bibliothèque
    élémentaire…

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