Une soirée Millepied à la Maison de la danse

18h30 : arrivée à Lyon. On gagne en température, pas en soleil. Direction la maison de la danse. Direction la maison de la danse.

18h45 : arrivée à la Maison de la danse. Nous sommes accueillies avec une grande gentillesse par Jean-Paul Brunet, qui nous fait faire un tour du propriétaire.
Les danseurs sont au repos. Les habilleuses finissent d’installer les costumes pour les changements.

Costumes le spectre de la rose

Pendant ce temps là, sur la scène, Philippe Cohen, directeur artistique de la troupe, est en interview.

19h00 : pause repas au bar restaurant du théâtre, qui est déjà très plein. En fond du restaurant, sont diffusées des vidéos de leur site numéridanse.tv On aperçoit le sublime Petite Mort de Kylian. L’équipe d’Arte Live Web se met en place pour la captation du ballet qui commencera à 20h30.

Restaurant de la maison de la danse

20h00 : les danseurs ont investi le plateau. Ils finissent les derniers réglages pour le premier ballet Amoveo.

Echauffement

20h20 : bien installées dans nos fauteuils, le spectacle peut commencer.

20h30 : le spectacle démarre avec Amoveo. Ce spectacle crée par l’Opéra de Paris en 2006, a été repris dans une nouvelle production en 2009, s’est transmis au Ballet de Genève uniquement par vidéo. Il a été vu par Millepied lors d’une tournée à New-York. On retrouve bien la fluidité du chorégraphe, dans ces marches où les corps se rencontrent. Les formes se mettent en place sans jamais se figer. On retrouve l’évanescence des corps si chère à Millepied. Les portés sont fait avec beaucoup de douceur et de légèreté. Cette première pièce permet d’avoir un aperçu de la compagnie, jeune, pleine d’entrain, avec une identité bien affirmée. Le duo principal offre un joli moment de poésie. C’est tendre, presque intime. Quand l’homme s’allonge, pour regarder sa partenaire danser, on ne peut que voir l’allusion à L’après-midi d’un faune de Jerome Robbins. La danse, comme argument de séduction. Les passages de groupe sont l’autre force de la pièce, avec une musique devenant agréablement obsédante. Le jeu des couleurs des costumes marche bien. Il se superposent à celui des notes de musique, pour former un tout cohérent.

Saluts Amoveo

21h00 : Ouverture du rideau sur le décor du Spectre de la Rose version Millepied. Les modules du décor semblent en mousse, comme des jouets. Les découpes sont très graphiques. En haut, une belle Lune ronde est suspendue. Une jeune femme rentre du bal. Elle est vêtue d’une jolie noire, sobre, mais qui tourne comme la robe romantique originelle. Elle s’endort dans ce décor, épuisée. Non pas un homme, mais trois, masqués, pénètrent dans la chambre. La lecture de la pièce est très drôle. Les hommes font danser la jeune femme comme une poupée de chiffon. C’est parfois érotique, souvent amusant. On est dans le rêve de la jeune femme, et dans le fantasme des trois garçons. On reconnaît aisément le style Millepied. La jeune danseuse endormie passe de bras en bras avec une belle aisance. Au réveil, c’est avec ces trois chevaliers désormais démasqués, qu’elle décide de s’enfuir par la fenêtre.

Saluts spectre de la rose

21h15 : entracte. Direction les coulisses pour rencontrer la troupe. Dans les couloirs, tout s’agite. Les danseurs remontent dans leurs loges. Paul Girard nous accorde 10 minutes pour un entretien express, avec le sourire.

Quel est ton parcours ? 

J’ai été à l’école de l’Opéra de Paris, puis au CNSMDP. J’ai ensuite travaillé à Leipzig, à la Donlon Dance Company et ensuite j’ai intégré le Ballet de Genève.

Qu’est-ce que le ballet de Genève ? 

Cela fait trois ans que je suis dans cette compagnie. C’est une petite compagnie, nous sommes 22. C’est très agréable, il y a 14 nationalités. C’est une compagnie de création. Millepied, c’est presque ce qu’on a de plus classique dans notre répertoire. On voyage beaucoup, on fait plein de tournées. On va aller danser en Chine, en Israël. C’est top. C’est vraiment un environnement et une ambiance de travail agréables.

Combien de temps ont duré les créations ? Apprécies-tu ces pièces ? 

Il est venu pendant 1 mois et demi à Genève pour monter ces deux pièces. Oui c’est très agréable à danser, très facile, dans la fluidité du langage, par rapport à ce que l’on peut avoir à danser. On s’amuse bien.

Quels sont les chorégraphes avec qui tu as aimé travaillé ? 

J’ai aimé travaillé avec Andonis Fionadakis. Il a crée deux pièces pour nous et j’ai apprécié ce travail.

As-tu un rituel avant d’entrer en scène ? 

Non ! J’en cherche un ! Je teste le sol, mais je n’ai pas de rituel particulier. Un peu de yoga, un peu de macarena, selon l’humeur !

Quel est ton plus grand plaisir sur scène ? 

Oublier la peur et sentir ma danse grande et libre. Connecter ma danse au plaisir (et ce n’est pas toujours facile !)

Qu’est-ce qu’il y a dans ton sac de danse ? 

Jogging, t-shirt, chaussettes, un bouquin, du parfum, des cosmétiques, un iphone, un carnet, un agenda, des lunettes… un vrai sac de fille !

Un avis sur la nomination de Millepied à l’Opéra de Paris ? 

C’était inattendu, ce qui est plutôt positif. Une petite injection en intra-veineuse de glamour dans cette maison parfois rigide sera une bonne chose. L’alliance du libéralisme américain et de l’administration à la française peut faire un mélange percutant. La liberté aux danseurs sera peut être plus grande. C’est une nomination intelligente pour le rayonnement international de l’Opéra.

Paul Girard

21h40 : retour dans la salle pour voir Les Sylphides. Les danseuses entrent en scène avec des robes de couleur, formant ainsi un bel arc-en-ciel, sur un décor rayé noir et blanc. Les hommes en costumes entrent à leur tour, comme des danseurs tout droits sortis d’une scène de Broadway. Comme la chorégraphie de Fokine, la ballet ne raconte rien. Les scène de séduction et de rencontre se succèdent sur des tubes de musique de ballet. La chorégraphie suit la musique avec beaucoup d’humour. Des pliés s’enchaînent entre deux phrases musicales, les couples se mettent en pause comme dans la musique. Chaque couple a le droit à sa phrase de valse. On retrouve une atmosphère romantique, très proche de ce que l’on peut voir dans In the Night de Robbins ou Triade. Les pas de tarentelles sont détournées dans une chorégraphie qui ressemblerait presque à une comédie musicale classique. L’humour de la pièce, ses clins d’oeil, prennent le dessus et nous emporte. L’influence de Robbins avec En sol ou The Concert, n’est pas loin.

Saluts Les sylphides

22h15 : sorties des artistes, sourires aux lèvres. J’en profite pour rencontrer monsieur retransmission Arte qui est déjà en train d’encoder la vidéo. Dans deux heures déjà, elle sera en ligne et ce pour 6 mois. Impressionnant. Tandis qu’en régie les cameramans rangent le matériel, le réalisateur, Farid nous fait un bilan de la soirée. Positif. Super accueil, tout s’est super bien déroulé. Pour moi, ce fut aussi une très belle soirée.

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avec

Joseph Aitken Fernanda Barbosa
Damiano Artale Hélène Bourbeillon
Loris Bonani Gabriela Gomez
Natan Bouzy Virginie Nopper
Pierre-Antoine Brunet Yu Otagaki
Grégory Deltenre Isabelle Schramm
Aurélien Dougé Sara Shigenari
Paul Girard Sarawanee Tanatanit
Armando Gonzalez Madeline Wong
Vladimir Ippolitov Yanni Yin
Nathanäel Marie Daniela Zaghini

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