Nicolas Bouchaud

Un métier idéal, Nicolas Bouchaud

Un métier idéal est une pièce de théâtre à l’affiche du Théâtre du Rond Point du 21 novembre au 4 janvier. Seul sur scène Nicolas Bouchaud raconte la vie de John Sassall, un médecin de campagne dont la vie fut narrée dans l’ouvrage de John Berger et John Mohr. Mis en scène par Eric Didry, Nicolas Bouchaud livre une performance émouvante, drôle et pleine d’humanité. Retour sur la performance du 13 décembre.

Sur la scène, un décor en toile de fond. Une colline, la forêt, du brouillard. Nicolas Bouchaud entre. Look de médecin ; pantalon en velours, chaussures Camper, chemise sobre. Un petit carnet à la main il fait l’appel des spectateurs. Le public se prête au jeu. L’intimité de la salle ressemblerait presque à une salle d’attente. Il commence par décrire un cas auquel s’est confronté le médecin Sassal : un bûcheron coincé sous un arbre au fond de la forêt. La description du décor nous plonge dans cette atmosphère de campagne, on aurait presque froid en écoutant la description de ce brouillard. On suit l’avancement du médecin dans ses soins, comme un bon polar où l’enquête avance à grand pas.

Nicolas Bouchaud

Nicolas Bouchaud a une diction remarquable où chaque mot sonne et résonne (raisonne) dans notre esprit. Le regard qui ne lâche jamais un spectateur, la pièce est une grande démonstration de théâtre. On est happé par ce regard qui nous fait nous interroger sur ce métier de médecin. Tout y passe ; la relation aux médicaments (le seul vrai est finalement le médecin lui-même), la relation d’intimité avec son médecin, la polyvalence du médecin, les instruments du médecin, la conscience professionnelle du médecin, ses négligences aussi. Ce qui apparaît c’est tout d’abord l’humanité de ce personnage, ce qui le motive, ce qui le fait courir dans sa campagne.

Ce qui transparaît aussi dans la pièce c’est le parallèle entre les relations patient/médecin, spectateur/acteur. Nicolas fait comme Sassall ; il crée les conditions pour entrer en contact avec nous. La catharsis opère et on ressort de la pièce avec cette même impression que quand on sort du médecin après qu’il nous a annoncé le nom de notre maladie et rempli une ordonnance de médicaments aux noms plus farfelus et inquiétants les uns que les autres. On se sent bien et presque déjà plus malade. Nicolas Bouchaud use de tout son talent pour cela ; tours de magie, musique, chorégraphie scénique, humour, émotion en parlant de la relation à l’enfance. Un très beau spectacle à voir sans modération et sans ordonnance !