Architecture

Les façades de l’Opéra Garnier

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Après avoir fait un achat compulsif de places pour Manon (rien de bien fou que des fonds de loge) je rejoins les aropiens et aropiennes pour une visite des façades de l’Opéra Garnier.

  • Avant la construction

Le quartier était fait de petites maisons avec des rues plus ou moins insalubres. Il a fallu tout détruire. Les propriétaires se sont réfugiés à Montmartre. Hausmann avait déjà tracé ses avenues et boulevards. L’Opéra sera donc entouré par ces grands bâtiments hausmanniens.

Pourquoi voulait-on faire un nouvel opéra ? Napoléon III avait été victime d’un attentat à l’Opéra Peletier lors d’un récital d’Eugène Massol. On sait que cela porte malheur, il faut donc un nouvel opéra impérial.

Un concours est lancé et c’est le jeune Charles Garnier qui le remporte. Peu connu, il a gagné des concours en Italie et à étudié à la villa Medicis. La première pierre est posée en 1862.

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  • L’extérieur reflète l’intérieur

Si on part de la place Diaghilev, donc de derrière, on comprend tout de suite que ce que voulait Garnier c’est que l’on comprenne les fonctions du bâtiment. Place Diaghilev il y a donc une toute petite place permettant d’accueillir les voitures des employés et surtout les décors, accessoires et costumes qui peuvent entrer par le monte charge.

Sur la façade ouest (jardin) on voit déjà des décorations plus luxueuses, et du marbre vert de Suède, cher à Charles Garnier. En tout dans l’Opéra, il y a plus de 33 marbres. Les lyres sont bien sûres présentes partout.

La façade de l’entrée montre bien sûr les décorations les plus luxueuses. L’opéra est un lieu de fête où l’on vient pour être vu. La loggia permet donc cela et est elle aussi subliment décorée par une mosaïque non visible depuis la rue. Statues, dorures, lampadaires, tout a été pensé par Charles Garnier.

  • Les macarons avec les compositeurs

Sur toute la façade, on trouve des macarons avec les compositeurs importants. Deux grands absents : Wagner et Berlioz. Le premier car nous sommes en plein conflit avec la Prusse. Le second a retrouvé un petit portrait à l’intérieur.

Sur la façade principale, on trouve donc au dessus des petites statues les médaillons en pierre gravés par Charles Gumery des compositeurs Cimarosa, Pergolesi, Haydn et
Bach.

Au dessus de la loggia, on trouve les médaillons avec les bustes des compositeurs : Auber, Meyerbeer, Mozart, Beethoven, Spontini, Rossini, Quinault et Halévy. Cinq de ces bustes ont été sculptés par Louis-Félix Chabaud. Ce que l’on ne peut pas voir de la rue, ce sont les mosaïques superbes qui sont sur le plafond de cette loggia. On peut les admirer lors d’une balade à l’entracte.

Sur la façade est, côté cour, on trouve les compositeurs Verdi, Léopold, Berton, Lesueur, Gréty, Sachini, Monsigny, Jommellli, Durante, et Monteverdi. A noter, deux bustes n’ont pas de noms.

Sur la façade ouest, côté jardin, on trouve les compositeurs Cambert, Campra, Rousseau, Philidor, Piccini, Paisiello, Adam, Bellini, Weber, Nicolo, Mehul, et Cherubini.

On n’oubliera pas à l’intérieur, les statues imposantes de Lulli, Rameau, Glück et Haendel, qui vous accueillent avant de monter le grand escalier.

  • Les allégories et statues

Il y a une frise de masques en haut de la loggia qui symbolisent bien sûr le théâtre. La frise est régulière, les masques se reproduisent tous les 5 ou 6 visages.Cette frise a
été réalisée par le sculpteur Klagmann.

Au pied du bâtiment, on trouve 4 allégories. Si on est face au bâtiment, en partant de la gauche, on aura tout d’abord l’allégorie de la poésie. Dans sa main gauche, elle tient un parchemin. Dedans, Garnier y a fait mettre le plan de l’Opéra. Elle a été réalisée par François Jouffroy.

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Voici ensuite l’allégorie de la musique. Elle a été sculptée par Eugène Guillaume.

A cour, on trouve la fameuse allégorie de la danse. Elle avait été sculptée par Jean-Baptiste Carpeaux. Elle a fait scandale car on la trouvait trop réaliste et surtout trop
sensuelle. Aujourd’hui, vous pouvez la voir au Musée d’Orsay. Celle qui se trouve sur la façade est une reproduction faite par Paul Belmondo.

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La dernière allégorie est la tragédie. Elle a été sculptée par Jean-Joseph Perraud.

A la mort de Charles Garnier, on a ajouté un buste de lui à l’entrée de l’empereur, entrée actuelle pour la billetterie.

  • Un Opéra Impérial

Si il y a écrit Académie Nationale de musique, il ne fait pas perdre de vue que l’Opéra a été construit pour l’empereur Napoléon III qui voulait un grand opéra et surtout une
salle de théâtre sécurisée. Ainsi on retrouve des symboles impériaux qui ont souvent été rajoutés après. On admirera les aigles impériaux au dessus des rampes qui auraient du
servir aux fiacres pour rentrer dans l’opéra. Napoléon III ne voulait pas descendre de voiture à l’extérieur , de peur d’être la victime d’un attentat, c’est pourquoi Garnier a fait construire ces grandes rampes, qui conduisent à l’intérieur du bâtiment. Sur la façade principale, on a replacé les lettres N et E sur les macarons de couleur rouge et
vert. Les avis divergent. Notre guide nous dit que cela signifie « Napoléon Empereur », on m’avait dit auparavant que cela voulait dire « Napoléon et Eugénie ». Le débat est ouvert.

On retrouve aussi le bateau symbole de Paris sur l’entrée de l’empereur, sur les lampadaires.

De l’autre côté, c’est la rotonde des abonnés. ils avaient leur entrée privilégiée. A l’époque quand on louait une loge il fallait aller le faire chez le notaire. Aujourd’hui cette rotonde a été transformée en restaurant qui reste ouvert après le spectacle.

  • Les matériaux

Plus de 33 marbres sont présent à Garnier. Charles Garnier aimait la couleur, il en a donc mis partout pour contrer un peu le gris austère des immeubles hausmanniens. On trouve
de la peinture vieil or sur les sculptures, notamment sur la frise de masques antiques. Cette peinture presque marron, avait l’avantage d’être bon marché et de donner un très
joli aspect vieilli de loin.

Les allégories sur le toit sont en bronze, recouvertes de feuilles d’or. L’Apollon qui trône tout en haut du toit est en bronze et fait office de paratonnerre.

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Toutes les statues sont électrifiées pour éviter que les pigeons n’y installent leurs nids.

  • Les alentours

Les rues des alentours portent toutes des noms de compositeurs : Scribe, Auber, Halévy, Meyerbeer, Glück.

On n’oublie pas la danse avec la place Diaghilev qui se trouve à la façade qui correspond à l’entrée des artistes.

L’avenue de l’Opéra a été percée pour que l’empereur puisse rejoindre l’Opéra depuis les Tuileries en 15 minutes. Elle permet aussi de relier facilement la Comédie Française à l’Opéra.

On notera qu’il n’y a aucun arbre tout autour de l’Opéra, et que l’avenue de l’Opéra est la seule qui soit dépourvue de verdure. En réalité, un attentat avait été commis aux Tuileries et les malfaiteurs s’étaient cachés dans les arbres.

Pas d’arbre donc mais beaucoup de couleurs, de sculptures, de lampadaires sculptés et ornés.

Sur le site de l’Opéra, des infos et une visite virtuelle.

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