Répétition générale des 3B

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© JMC

 

Quel beau cadeau que d’aller voir Le Sacre le jour de son anniversaire ! Une fois encore ce ballet m’a émue aux larmes par la force et la puissance qu’il dégage. Assise
en première loge de face, juste derrière Peggy Dursort, il ne m’en faut pas plus pour être aux anges. J’engage la conversation et la danseuse m’explique qu’il y a tout un « contrat » avec des règles pour danser Le Sacre. Pas d’épilation, pas de parfum, pas de déodorant, pas de maquillage. Il faut être 100% nature pour rentrer dans l’esprit de ce ballet et la jolie danseuse en garde un souvenir très fort tant par la danse que par la rencontre avec Pina Bausch.

Ce soir c’est Miteki Kudo qui danse. C’était déjà elle que j’avais vue danser il y a huit ans de cela du haut du quatrième balcon. La descente en première loge me permet de lire
ses expressions lors de la danse de l’Élue. Son affolement mélangé à sa résignation en font une des plus belle interprète de ce ballet (je repense tout de même à Alice Renavand qui m’a laissée bouche bée la semaine dernière). Je ne vois pas la même distribution que lors de la séance de travail. Eléonora Abbagnato fait son entrée côté femmes. Côté hommes quelques changements aussi, pas de Julien Meyzindi par exemple. Je verrai Eleonora dans le rôle de l’Élue le 19/12. Ce n’est pas la première fois qu’elle danse Le Sacre, puisqu’elle le dansait déjà en 2002, mais il me semble que c’est la première fois qu’elle aura le rôle de l’Élue. Ce soir elle était parfaite dans ce registre, je sais qu’elle ne serai jamais nommée, mais c’est une grande erreur tout de même.

Chaillet, Hoffalt, Carbone et Romoli m’apparaissent encore plus puissants qu’à la couturière. La musique se lit sur leur corps. Leurs sauts ont pris de l’amplitude.

Le passage que je préfère dans le Sacre c’est le moment où ils se mettent en cercle en alternant hommes et femmes. Ce moment de repos des mouvements et de la musique est un point stratégique car en réalité il ne faut rien lâcher en intensité. Si la nuance est bien faite, si ce cercle devient un seul corps soumis à cette musique, et que les énergies circulent entre les danseurs c’est réussi.

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J’ai commencé par vous parler du Sacre car c’est pour moi LA pièce à voir dans cette soirée. On peut se passer du reste avec aisance. D’ailleurs, je préfèrai la compilation de 2002 avec Pucinella, Violin Concerto que je préfère de loin à Apollon.

Alors reprenons sur Apollon justement. Hervé Moreau s’étant de nouveau fait mal au genou, pas au point de ne plus danser pendant des mois rassurez vous mais pas de
générale ce soir. C’est donc Florian Magnenet qui prend le rôle (il nous ferait pas un Karl Paquette 2 avec les remplacements à tout va entre ça et Paquita, ça fait beaucoup pour ce début de saison) entouré par Emilie Cozette, Eve Grinsztajn et Nolwenn Daniel. Bon et bien le charme n’opère toujours pas, je m’ennuie profondément pendant ce
ballet dont je trouve la chorégraphie certes intéressante d’un point de vue de l’histoire de la danse, par rapport à l’Apollon de Lifar, mais rien n’y fait. Le travail a bien avancé car
on voit des danseuses plus confiantes dans leur rôle de muses, moins en souffrance. Je n’aime pas la variation de la première muse qui semble vomir sa poésie ni celle de la deuxième avec son doigt sous le menton qui lui donne un air crispé qui me met mal à l’aise.

Pour la pièce de Trisha Brown, O’Zlozony/O Composite les trois danseurs sont Clairemarie Osta, Nicolas Le Riche et Josua Hoffalt. Le trio est complètement différent de ce que j’ai vu avec Bélingard/Zusperreguy/Carbone. On a un d’abord trois bulles, trois univers dansants complètement différents. Ils vont peu à peu entrer en
connexion, tout comme les vers du poète que l’on entend et qui servent de musique. La douceur de Clairemarie Osta fait le lien entre les deux hommes qui sont dans deux registres différents. Elle est légère et ses lignes sont précises. Je la trouve bien meilleure dans ce registre contemporain qu’en classique. C’est une danseuse qui a tout de même quelque chose à dire dans ce type de chorégraphie. Trisha Brown vient saluer autour ces trois artistes. Ovation du public et grand sourire de Nicolas Le Riche (on ne se refait pas!).

  • Le Sacre dansé par le Tanztheater Wuppertal

 

4 réflexions au sujet de “Répétition générale des 3B

  1. Florence Bardon says:

    On peut vivre des mauvaises expériences en danse comme au théâtre!!!!!!!Heureusement que Lulu t’a plu. J’adore lire ton blog le dimanche soir près du feu de bois! Grand plaisir qui permet
    d’éviter le blues du dimanche soir! Bises!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  2. J’ai bien envie d’aller voir le sacre !

    Touours un plaisir de vous lire !

    @ bientôt

  3. Amélie says:

    Je te rejoins complètement sur Le Sacre et le passage en cercle, c’est l’un des moments les plus puissants. Miteki Kudo est assez incroyable. J’espère aussi pouvoir voir Eleonora. Même si elle
    n’était pas l’Elue lors de la première, elle se démarquait beaucoup, et je suis curieuse de voir son interprétation.

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