NDT live au cinéma : Move to Move !

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Accueillis avec bienveillance par le directeur du club de l’étoile, nous sommes peu nombreux dans la salle, alors que pourtant, c’est celle avec le meilleur écran qu’on puisse trouver dans Paris. Je suis ravie que l’on puisse désormais voir le NDT en live en France, car c’est une des compagnies que j’affectionne le plus. L’an prochain, quatre soirées seront retransmises. A vos agendas je vous les ai mises en bas de la chronique.

  • Left Right Left Right – chorégraphié par Alexander Ekman

 On commence avec cette création un peu particulière qui peut se danser en salle, mais que les danseurs ont aussi expérimentée dans la rue. Le principe est simple, on marche. Sauf que pour marcher sur scène les danseurs sont installés sur des tapis de marche. Ils marchent, puis bougent les bras, puis sautent sur ces tapis, tournent. La musique est rythmée par les voix des danseurs qui parlent, avec beaucoup d’humour, de cette expérience chorégraphique. Une autre voix commente les pensées du spectateurs, de l’interrogation que l’on a quand on se retrouve devant du spectacle vivant, sur le fait d’être là, à ce moment là pour voir ce spectacle là. On rit, et on se régale devant cette chorégraphie pleine de peps. Danseurs impeccables, lumières fabuleuses comme toujours dans cette compagnie, la soirée commence bien !

 

  • Silent Screen – chorégraphié par Sol León et Paul Lightfoot

Dans cette pièce, on est plongé dans une atmosphère complètement différente. Un écran en fond, en noir et blanc, avec la mer. Trois personnages qui regardent vers l’horizon. Un se met à marcher. Les deux autres restent et finissent par se retourner vers nous. Le décor change sur l’écran, on se retrouve dans une forêt enneigée. Les danseurs entrent dans une chorégraphie où les mouvements sont très étirés avec une certaine violence. Ça s’étire et puis cela se crispe, cela se referme d’un coup. Les visages sont un des enjeux majeurs de la pièce. Les chorégraphes se sont inspirés de films muets, qui sont pour eux ceux où on pouvait voir les meilleurs comédiens, puisqu’ils n’avaient rien d’autre que leur corps pour s’exprimer. Ici, les visages sont torturés, ils crient, puis s’apaisent à la vue d’une petite fille sur le chemin enneigé. On zoome sur son visage. C’est assez troublant cet écran il est d’une belle qualité, le réel et l’imaginaire se mêlent. On est emporté dans un tourbillon, on se retrouve dans une chambre, comme dans une maison de poupées où les ombres défilent devant les fenêtres. Toutes les images redéfilent à l’envers comme dans un mauvais rêve. Dans l’espace de quelques secondes, le décor change, on passe à un fond noir, sur tapis de sol blanc. Les duo/solo/trio s’enchaînent avec une certaine cohérence dans le langage chorégraphique. Il y a toujours ces étirements, contractions, auxquels se rajoute un rythme plus rapide, et puis des sauts jetés attitude. Des éléments sont plus violents, les jambes sont jetées,les bras sont rigides, tandis que certains portés apaisent, avec des lignes plus douces. Je tombe littéralement sous le charme de Medhi Walerski. Quel grâce ce danseur !

Autre moment très puissant du ballet, une femme sort de la fosse d’orchestre avec une robe qui envahit toute la scène. J’adore ce type d’effet avec les matières. Nos deux personnages du départ
reviennent, l’écran réapparaît, on trouve presque une forme d’apaisement.

La musique de Glasspieces, totalement envoûtante, parfait cet univers très onirique. Avec une précision du mouvement, le couple de chorégraphes parvient à nous plonger dans le flou du rêve. On ne sait pas combien de temps cela a duré, dans quel ordre cela s’est passé, mais on a passé un très beau moment. La réalisation vidéo est impressionnante, même si parfois il y a un peu trop de gros plans à mon goût. On a envie d’une vue plus globale quand on découvre une pièce.

 

  • Secus – chorégraphié par Ohad Naharin

Secus est le volet d’un triptyque et est pour la première fois présenté seul. Une quinzaine de danseurs, habillés de couleurs bougent sur des musiques moins rythmées. Si il faut montrer une belle
technique pour danser cette pièce, je suis moins emballée. Le chorégraphe travaille beaucoup sur la symétrie ou le miroir. Ce n’est pas inintéressant mais parfois un peu lassant. La fin de la pièce me semble plus intéressante avec des colonnes de danseurs se succédant dans des exhibitions de leurs corps ou des démonstrations techniques, comme dans une caricature sur ce que peut être la danse dans le regard du spectateur.

 

  • Shine a light  – chorégraphié par Sol Léon et Paul Lightfoot

J’ai beaucoup aimé cette dernière pièce. L’atmosphère encore plus onirique que Silent Screen m’a à la fois dérangée et émerveillée. Les lumières savamment travaillées dans un blanc mousseux laissent découvrir un personnage étrange aux cheveux longs et gris, perché sur des chaussures compensées blanches. Tête en bas, il intrigue, il est en toile de fond et reste dans votre regard pendant toute la pièce. Une jeune femme entre, on a bizarrement l’impression d’être dans un remake d’Artifact. Chorégraphiquement c’est complètement différent, certes, mais les voix des quatre soldats totalement oppressantes résonnent dans ma tête comme les Step outside, step inside, will you remember... des personnages se succèdent dans un cet univers complètement fou avec un langage chorégraphique très fluide. Des tours très planés suivent des ondulations dans les lignes du corps. Les quatre personnages « soldats » sont comme une force pressante, comme si il fallait que tout cela se finisse autrement. Ils tranchent avec une danse plus violente, plus rigide, dans un rythme différent des autres personnages.

Rêve ou cauchemar, chacun peut en décider. Les figures qui y apparaissent sont plutôt universelles. On quitte ce rêve comme on l’a commencé, avec ce personnage lunaire aux cheveux longs. Un voyage qui reste en tête jusqu’à ce qu’on retombe au pays des rêves soi même, quelques heures plus tard.

 

 

Saison 2012 – 2013

Le 15 novembre 2012 : Création de Medhi Walerski/création de Johan Inger/ Sweet Dreams de Kylian/Sarabande de Kylian.

Le 20 décembre 2012 : soirée Sol Léon et Paul Lightfoot : Shoot the Moon/ Same Difference / Sh-Boom

Le 7 février 2013 : soirée avec Crystal Pite

Le 30 mai 2013 : Création d’Alexandre Ekman / Création de Sharon Eyal et Gai Behar / Studio 2 de sol Léon et Paul Lightfoot / Dream Play de Johan
Inger.

Plus d’infos sur le site de Pathé Live

Souvent des places sont à gagner sur le site du Magazine Danser et sur target= »_blank »>le facebook de Pathé Live.

 

3 réflexions au sujet de “NDT live au cinéma : Move to Move !

  1. Yona says:

    Coucou !
    Toi qui es passionné de Danse, si celà t’intéresse, nous organisons un concours de Danse sur le web ! Tout est détaillé dans le second article. Nous voulons vraiment que ce concours se fasse afin
    de partager la passion de la Danse tous ensemble ! Nous manquons d’inscrit, on a besoin d’aide pour faire vivre ce partage !
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