Giselle, première le 24 septembre 2009, palais Garnier



Le charme de Giselle est éternel. Ce soir je me suis confortée dans l’idée que Giselle est l’essence du ballet classique. Quelle merveille.
Giselle est comme un excellent roman. Ce ballet fait partie des grands chefs d’oeuvre. C’est une belle oeuvre que l’on peut revisiter des milliers de fois sans jamais s’en lasser. Cela
me rappelle mes relectures de romans… Je vais prendre un exemple pour vous éclairer du sentiment que me procure un ballet comme Giselle.


L’Education Sentimentale de Flaubert m’a profondément ennuyée à la première lecture. Frédéric Moreau, anti héros, est incapable de mener sa vie, de terminer un quelconque projet. Mais
tout de même on sait bien que les oeuvres de Flaubert sont des chefs d’oeuvre… alors je relis le roman…. trois fois… A la quatrième lecture, le génie flaubertien s’est révélé de façon bien
plus précise. Pour celles et ceux qui n’ont pas lu ce merveilleux roman, apparaît au fur et à mesure des lectures  une peinture de la société du XIXème siècle des plus fines et des plus
railleuses que personne n’ait jamais écrit. Flaubert souligne l’enfermement de chaque groupe social dans son langage. Le langage devient le symbole du cloisonnement de chacun dans sa classe
sociale. Cette analyse fine de son siècle et du langage ne peut pas apparaître claire à la première lecture (première lecture naïve sans connaissances précises de l’écriture de Flaubert). A
chaque lecture, des phrases ressortent plus que d’autres, s’impriment dans notre mémoire et tissent une analyse plus fine et plus alerte.
Giselle fait partie de ces oeuvres… agréables immédiatement…on pressent le génie sans le saisir tout à fait…


Je crois que jamais Giselle ne m’avait tant marqué. Ce n’est pas faute de ne pas l’avoir vu précédemment. Ce soir j’ai vu la magie s’opérer sous mes yeux. Je crois aussi que la séance de travail
que j’avais vue auparavant ( Rencontre autour de Giselle… ) m’a permis de pouvoir aller plus loin
dans mon analyse du ballet. La pantomime était très juste, maîtrisée parfaitement par Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche (et oui qui d’autre!). D’habitude, cette partie m’ennuie. Le premier acte
n’est pas assez dansé à mon goût. C’est que j’aurai dit d’ordinaire. Ce soir, j’ai été époustouflée par ce premier acte où tout est dit dans le regard d’Albrecht quand il joue avec les sentiments
de la pauvre paysanne. Tout le ballet est là dans ce jeu. On a besoin d’y croire, il faut absolument rentrer dans le jeu. Sinon on ne peut pas comprendre la suite. On ne peut pas comprendre le
romantisme du ballet, pourquoi Giselle sauve Albrecht malgré tout. Ce soir la pantomime a transformé ma façon de considérer Giselle. Autrefois, je n’attendais que le deuxième acte en pensant « ouf
voilà la danse! ». C’est une erreur, le génie de Giselle réside dans le premier acte. En répétition, j’ai aussi vu toute la difficulté de cet art très délaissé et souvent méprisé. Plus difficile
peut être qu’une variation bien technique. là il s’agit d’un tel travail sur la subjectivité, sur le détail, sur les commissures du sourire…
La magie a continué au deuxième acte… je pourrai faire à nouveau et encore avec des nouveaux mots l’éloge interminable que je consacre à Nicolas Le Riche mais je crois que sa performance de ce
soir se passe de commentaires… parfait… Je suis tout aussi admirative d’Aurélie Dupont qui est définitivement une des plus belles Giselle qu’il soit. Sa douceur et son expérience en font mon
interprète de prédilection. L’adage était parfait, sans aucune faute, au millimètre près… magique je vous dit! malheureusement je ne vais pas vous dire de vous précipiter le ballet est complet
depuis bien longtemps… Sachez qu’il existe un DVD avec dans le rôle de Giselle Laetitia Pujol et dans celui d’Albrecht mon cher Nicolas Le Riche.
A voir absolument!


Distribution
24 SEPTEMBRE 2009 À 19H30

Giselle Aurélie Dupont
Albrecht Nicolas Le Riche
Myrtha Marie-Agnès Gillot
Bathilde Béatrice Martel
Hilarion Karl Paquette
Wilfried Jean-Christophe Guerri
Le Duc de Courlande Vincent Cordier
La mère Christine Peltzer
Pas de deux paysanne Ludmila Pagliero
Pas de deux paysan Emmanuel Thibault
Deux Wilis Alice Renavand
Ludmila Pagliero

http://www.operadeparis.fr/cns11/live/onp/Saison_2009_2010/Ballets/spectacle.php?lang=fr&selected_season=354663924&event_id=424&CNSACTION=SELECT_EVENT

 

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Giselle, première le 24 septembre 2009, palais Garnier:
Le charme de Giselle est éternel. Ce soir je me suis confortée dans l’idée que Gisell …

2 réflexions au sujet de “Giselle, première le 24 septembre 2009, palais Garnier

  1. mimylasouris says:

    Aurélie Dupont est vraiment parfaite pour faire surgir la puissance de la pantomime et l’intégrer parfaitement à la danse en brouillant la frontière entre les deux, qui partent l’une comme l’autre
    d’un geste, d’une intention…
    Finalement, c’est en connaissant bien une chose qu’on sait vraiment l’apprécier. La redécouverte passerait presque la découverte.

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