Coppélia à l’Opéra National de Bordeaux

Le week-end dernier je suis partie à Bordeaux pour un week-end organisé par l’AROP.  Au programme, balades dans la ville, dégustation de vin, visite de musées et Coppélia par le Ballet National de Bordeaux. Je n’avais jamais vu danser cette compagnie et j’ai été assez éblouie par ce ballet que je ne manquerai pas de revoir.

Charles Jude, directeur du Ballet National de Bordeaux depuis 20 ans a l’habitude de remonter des ballets classiques. Pour ce Coppélia, il a fait le choix de transposer l’histoire dans l’Amérique des années 60. Le rideau s’ouvre sur Coppélius, en haut d’un building, dominant la ville. On pense tout de suite aux comics, aux tableaux d’Hopper et au cinéma de cette période-là. Côté danse, l’esprit de Robbins est bien présent aussi. Les scènes s’enchainent avec beaucoup de fluidité : les décors jouent sur les hauteurs, les danseurs se faufilent entre la place du restaurant, l’immeuble de Coppélius et ses différents étages.
L’argument du ballet se prête bien à cette transposition qui modernise farouchement ce conte.

Coppélia raconte l’histoire de Swanilda (ici rebaptisée Swanie) et de Frantz (ici rebaptisé Fonzie, qui nous fait forcément penser à Happy Days). Fonzie et Swanie sont amoureux mais cette dernière est jalouse car elle a vu Fonzie regarder la jeune fille mystérieuse qui lit au balcon du tout aussi mystérieux Coppélius. Celui-ci sort tout droit d’un film de mafia italienne. Large feutre, costume trois pièce, regard inquiétant. Curieuse, Swanie décide d’entrer chez Coppélius pour découvrir ce qui ce cache derrière cet homme intriguant. Elle découvre tous ses automates. Coppélius rentre chez lui, chasse les amies de Swanie. La jeune fille quant à elle se cache dans une armoire. Fonzie lui aussi intrigué par Coppélius et sa jolie blonde, arrive dans l’atelier. Coppélius le reçoit avec bienveillance car il veut lui voler son âme. Il le drogue et commence ses manipulations. Swanie sort de l’armoire, se fait passer pour Coppélia qui s’anime. Coppélius dupé, elle s’enfuit avec Fonzie. Ils se marient.

La chorégraphie de Charles Jude est très dynamique. Cela ne s’arrête jamais. On est emballé par cette danse généreuse, complexe qui permet de donner un rythme soutenu à l’argument. Charles Jude remplit la musique de pas complexes, de chorégraphies de groupe qui ne se ressemblent pas. Un vrai plaisir de balletomane ! C’est une chorégraphie exigente, qui ne cède en rien à la facilité. Le corps de ballet est jeune et enthousiaste. Certains garçons sont encore un peu verts, mais l’ensemble a cette belle énergie qu’il communique au public. On sent l’influence de Don Quichotte, notamment dans les variations de Swanie au deuxième acte. Sara Renda brille en Swanie. Elle impressionne par sa technique fluide, qui sert une interprétation juste : juste ce qu’il faut d’espièglerie et de charme. Le ballet lui sert un certain nombre de variations qui sont une occasion de découvrir l’ampleur de son talent.

Kase Craig, Sara Renda & Alessandro Staiano le 18 décembre 2016

En plus du ballet, Bordeaux est une ville très agréable pour un week-end. On y découvre avec délectation sa belle unité architecturale, ses grandes avenues piétonnes, où le soleil entre et vient poser sa lumière sur les pierres blanches. La ville est très animée, même le dimanche. Les gens se baladent, à pied à vélo, sur le long des quais où la ville se mire dans son miroir d’eau.

A voir : le très joli musée des Beaux-arts (clic), le superbe CAPC (clic). On évitera la Cité du vin (clic) qui ne propose qu’une visite « numérique » avec des audioguides. On a plus l’impression d’une opération marketing que d’un musée du vin. Sans doute que les ateliers sont plus intéressants. rien ne vaut pour moi la visite d’une vraie cave avec un viticulteur qui raconte son art.

Mes adresses coup de coeur :

La cagette, cantine fraiche. Tout est fait maison. La cuisine est ouverte et on découvre une carte aux saveurs simples mais aux goûts maitrisés. On se régale avec une carte de vins bios. J’ai pris des pâtes aux crevettes avec une huile de trufffes blanches et une tatin merveilleuse. Le moins : l’humeur de la serveuse…

L’oiseau cabossé, pour un brunch délicieux. Ici tout est bio et c’est bon. Les thés sont variés et très bons. On nous sert une grande assiettes avec crudités (ou granola) bien assaisonnées, accompagnées d’un muffin oeuf bacon et d’un pancake dont j’aimerais avoir la recette. On en sort réjouis ! Le moins : le jus de fruit Paco plutôt que frais.

Tamatebako, en japonais c’est une boite qui a le pouvoir de faire vieillir le thé. Quand je suis passée devant, c’était évident que je viendrai boire un thé ici. Mon thé blanc à la pivoine et aux grains de riz soufflés ne m’a pas déçue. Tout comme les cakes, fait maisons et peu sucrés. Une belle sélection de thés et de cafés, un endroit au décor brut en bois. Le mois : le confort des chaises.

Merci à mes 3 chatons pour ce beau week-end !

Coppélia c’est jusqu’au 31 décembre et pour réserver c’est par ici.

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