3B, 3 soirées, 3 Sacres

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Nicolas Le Riche, Marie-Agnès Gillot, Ludmila Pagliero et Aurélia Bellet.

 

Les trois B, troisième ! Bon alors pas vraiment 3ème vu que j’ai assisté à la couturière, puis à la générale et là enfin une représentation ! Qui dit représentation, dit place pourrie et j’étais au dernier rang de l’amphi (arrêter de prendre des places à la dernière minute, résolution 1), alors je scrute la salle et F*** me dit que la deuxième loge 11 est vide, il est 19h58 et je file. Ah on est mieux, j’aperçois même de ma place Palpatine et son chapeau, ainsi que plus au centre du balcon Claude Bessy et son éternel chignon.

Nicolas Le Riche m’a permis de ne pas m’ennuyer pendant Apollon et ce n’est pas rien. Le Riche c’est quand même une autre dimension. Pas un bruit à la réception des
sauts, de la légèreté, de l’amplitude, de la nuance, enfin de la danse en somme ! Marie-Agnès Gillot remplace Agnès Letestu qui est blessée et ça c’est pas mal non plus. Les jambes de Marie Agnès, longues à l’infini, transforment le rôle de cette muse et me rendent cette chorégraphie intéressante. Nicolas Le Riche donne à voir un Apollon très enfantin au début. Il a sur le visage ce sourire qu’il nous donne souvent aux saluts. Quant à MAG, elle s’éclate, elle joue avec la musique, s’impose facilement dans ce rôle de remplacement. Ludmila Pagliero est très bien aussi, je n’aime pas la variation qu’elle danse, mais elle donne quelque chose qui me touche beaucoup.

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Arrive ensuite le très poétique O Zlozony/O composite et là une fois encore le charme opère. Je revois le trio Zusperreguy/Carbone/Bélingard. Il y a beaucoup d’air dans ce ballet, c’est ce qui me marque le plus ce soir. Les danseurs flottent dans une matière, qui les fait danser en apesanteur. Jérémie Bélingard caresse l’espace avec ses bras, Alessio Carbone avec son dos, et Muriel Zusperreguy avec ses jambes. Cette dernière, transportée des bras de l’un aux bras de l’autre, nage avec aisance dans cet espace aérien. Tout semble naturel dans ce ballet, les portés, les chutes au sol, les sauts, tout y est doux mais attention pas gnangnan, car il y a une palette de nuances et de pas dans ce ballet qui en font sa richesse. Ajoutez à cela la musique (j’adore les brrrrrr
qui déclenchent des mouvements) dont la poésie n’est plus à démontrer et vous êtes enchanté.

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Encore une fois le Sacre, encore une fois des frissons, encore une fois je ne peux plus bouger. Le noir qui envahit la salle après la mise en terre de la scène plonge le
spectateur dans une première angoisse (oui j’ai peur du noir et j’assume!). Alice Renavand est allongée sur la robe rouge, la lumière rasante l’éclaire d’un coup. Puis Eleonora Abbagnato court et s’installe dans un grand plié. L’énergie se diffuse et la danse s’enivre de cette terre qui alourdit les jambes, qui obligent les danseurs à aller au delà de soi, à entrer dans cette transe si particulière. Je suis collée à ma rambarde et je ne peux décoller mon regard de cette frénésie.

Eleonora est la plus belle « Elue » qui m’ait été donnée à voir. Elle fut animale, le regard absorbé par une vision d’angoisse ou d’horreur. Ses mouvements sont habités par la
transe, elle me fait frissonner, son regard est de plus en plus angoissé, voire fixe comme si l’image de la mort ne flottait plus devant elle, mais s’était incrustée dans ses yeux. La connexion avec Wilfried Romoli est très forte dès l’instant où il la soulève, jusqu’à la danse pendant laquelle au sol, les bras en l’air qui sont l’énergie qui permettent à l’Élue de rester debout. Les autres danseurs ne bougent plus, le souffle de l’Élue rythme sa danse. Dernière note, les bras de Romoli tombent et l’Élue avec. Il n’y a de mots pour qualifier l’émotion qu’elle vient de me faire passer. Encore bravo. Je n’oublie pas la musique, bravo à l’orchestre dont les musiciens restent dans la fosse pour les saluts.

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Eleonora encore sous le choc de sa transe

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Félicitations pour le Sacre !

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Eleonora retrouve le sourire après 5 minutes d’applaudissements.

A la sortie je rencontre Palpatine, avec son chapeau et ses balletomanes numérotées. Il a la charge à présent de me présenter sa souris.

La critique de Rosita Boisseau dans Le Monde.

A lire sur les blogs, la soirée de Cams, d’Amélie, de Mimylasouris.

APOLLON

Igor Stravinsky Musique
George Balanchine Chorégraphie

O zLozony/O composite

 

Laurie Anderson Musique
Trisha Brown Chorégraphie
(Opéra national de Paris, 2004)
Vija Celmins Élément de Scénographie
Elizabeth Cannon Costumes
Jennifer Tipton Lumières

Le Sacre Du Printemps

Igor Stravinsky Musique
Pina Bausch Chorégraphie
Rolf Borzik Scénographie, costumes et lumières

 

  • Distribution du 19 décembre à 20h00

 

Apollon Musagète
Apollon Nicolas Le Riche
Terpsichore Marie Agnès Gillot
Calliope Aurélia Bellet
Polymnie Ludmila Pagliero
O zlozony / O composite
DANSEUSE Muriel Zusperreguy
DANSEURS Jérémie Belingard
Alessio Carbone
Sacre du printemps (Le)
L’ELUE Eleonora Abbagnato

 

Je vous rajoute la liste complète des danseurs car il faut tous les nommer !

Eleonora Abbagnato, Muriel Zusperreguy, Amandine Albisson, Caroline Bance, Aurélia Bellet, Christelle Granier, Miteki Kudo, Laurence Laffon, Laure Muret, Alice Renavand, Severine Westermann, Géraldine Wiart, Amélie Lamoureux, Charlotte Ranson, Caroline Robert, Camille de Bellefon

Wilfried Romoli (étoile invitée), Alessio Carbone, Vincent Chaillet, Josua Hoffalt, Bruno Bouché, Aurélien Houette, Julien Meyzindi, Pascal Aubin, Sébastien Berthaud, Matthieu Botto, Adrien Couvez, Daniel Stokes, Alexandre Carniato, Alexandre Gasse, Samuel Murez, Francesco Vantaggio.

 

5 réflexions au sujet de “3B, 3 soirées, 3 Sacres

  1. Fab says:

    J’ai vu la même distribution que toi pour Apollon et Nicolas Le Riche a vraiment changé ma façon d’appréhender ce ballet. La première fois (à la fois en répétition et en représentation), je
    m’étais presque ennuyée. Là, je me suis amusée. Le duo avec MAG fonctionne très bien. Un vrai plaisir de les voir évoluer ensemble sur scène!

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